samedi, octobre 3, 2026

« Ceci est une preuve qu’ils rechercheraient plutôt mon élimination physique » : Constant Mutamba rejette sa condamnation et livre sa version des faits dans une lettre au peuple congolais

Deux jours après sa condamnation à dix ans de travaux forcés dans l’affaire FRIVAO, Constant Mutamba a livré sa première réaction dans une lettre manuscrite datée du 20 septembre 2026 à Kinshasa et adressée « au peuple congolais, peuples d’Afrique ». L’ancien ministre de la Justice y rejette la décision de la Cour de cassation et conteste à la fois le déroulement de son procès, les accusations financières retenues contre lui et les motivations qu’il attribue à ses adversaires.

Sur le déroulement de la procédure, Constant Mutamba écrit : « J’ai appris que la Cour de cassation m’a encore condamné à 10 ans de travaux forcés, à l’issue d’un procès expéditif de deux jours, où aucun témoin n’a comparu, ni aucune preuve matérielle de détournement brandie. »

Il poursuit en dénonçant ce qu’il considère comme des violations de ses droits : « Voilà pourquoi ils ont escamoté certaines étapes et violé toutes les règles de procédure, me privant même de mon droit à la défense afin d’occulter la vérité. Pathétique ! »

L’ancien ministre rejette ensuite les accusations portant sur les fonds concernés par le dossier. « Les 14 millions US n’ont jamais été décaissés », affirme-t-il. À propos des 4 millions de dollars liés à l’ICCN, il écrit qu’ils « sont allés pour la réhabilitation du zoo de Kinshasa, dont les travaux sont en cours ».

Il ajoute : « Le documentaire de 14’ a été réalisé à 650.000 USD. Toutes ces opérations ont été réalisées par FRIVAO, qui est un établissement public autonome. Les prétendus 20 millions US n’ont jamais été détournés. Et le ministre de la Justice n’est pas gestionnaire de ce fonds FRIVAO. »

Dans sa lettre, Constant Mutamba affirme également que sa condamnation serait liée à un conflit politique. « J’ai servi le chef de l’État et notre pays, la RDC, avec loyauté et patriotisme, à la grande satisfaction de tous. Malheureusement, ses collaborateurs ont choisi de me rendre le mal pour le bien, m’attribuant les ambitions présidentielles que je n’ai pas exprimées jusqu’ici », écrit-il.

Il accuse ces collaborateurs d’utiliser « la justice, les institutions et les moyens de l’État pour me salir et ternir mon image dans l’opinion, à travers des dossiers judiciaires montés sans preuve matérielle de détournement de fonds publics ».

Revenant sur l’origine de ce qu’il présente comme une cabale, l’ancien ministre écrit : « Rien ne me surprend, car c’est la suite logique du complot politico-judiciaire commencé en avril 2025, ayant débouché sur ma première condamnation injuste. »

Il affirme également que cette affaire aurait une dimension plus grave encore, « Ceci est une preuve qu’ils rechercheraient plutôt mon élimination physique, mais Dieu me protège grâce à vos prières. Le karma existe, chacun paiera de ses actes. »

Constant Mutamba évoque enfin la situation politique et judiciaire du pays, en mettant notamment en parallèle sa condamnation et la libération de prisonniers liés au M23. « Même sous les régimes dictatoriaux de Hitler, Tito ou Mussolini, on n’avait jamais assisté à ce genre de procès expéditif contre les acteurs politiques patriotes. Pourquoi condamner quelqu’un qui aurait détourné à seulement 10 ans ? Curieusement, le régime libère les prisonniers rebelles du M23 qui tuent nos populations et pillent nos richesses. Quelle contradiction ! », dénonce-t-il.

Malgré sa condamnation, l’ancien ministre appelle à poursuivre ce qu’il présente comme une résistance. « Je sais que ces injustices vous choquent et vous révoltent. Mais tenez bon. La seule option qui nous reste est la lutte. Nous devons nous battre contre ce système mafieux jusqu’au bout. Il nous faut donc résister. » Il cite ensuite Mandela, Lumumba, Tshisekedi, Sankara, Castro, Lula, Kenyatta, Mugabe, Kimbangu et Gandhi comme des figures politiques ou historiques passées par la prison, avant de conclure sa lettre par cette formule « La patrie ou la mort, nous vaincrons. »

Charite-Dadie Zamba

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