L’affaire opposant l’artiste congolais Fally Ipupa à la chroniqueuse Virginie Manganga prend une nouvelle tournure judiciaire. Alors que le procès s’est ouvert mercredi 30 septembre à Kinshasa, Me Dorothée Madiya, avocate de Fally Ipupa, a apporté des précisions sur les faits à l’origine de la plainte et sur la démarche engagée par son client.
Au cœur du dossier se trouvent notamment des contenus diffusés sur les réseaux sociaux à la suite d’un live TikTok organisé le 24 août 2026. Selon Me Dorothée Madiya, ce direct avait notamment donné la parole à Colette Mutuza, qui aurait formulé publiquement plusieurs allégations concernant Fally Ipupa.
L’avocate affirme également qu’au cours de ce live, un élément sonore à caractère sexuel présenté comme étant attribué à son client aurait été diffusé sans vérification préalable de son authenticité. Elle reproche aussi à Virginie Manganga d’avoir commenté et relayé certains de ces éléments sur son propre compte TikTok.
Pour la défense de l’artiste, l’affaire ne se limite donc pas à des critiques ou à des chroniques musicales visant Fally Ipupa. La plainte porte, selon son conseil, sur des contenus que l’artiste considère comme portant atteinte à son honneur, à sa réputation et à sa vie privée.
« Le client, Monsieur Fally Ipupa, a saisi la justice à la suite de la diffusion et des amplifications du contenu qu’il considère comme portant atteinte à son honneur, à sa réputation et à sa vie privée », a expliqué Me Dorothée Madiya.
Devant les professionnels des médias, l’avocate a également tenu à rappeler la distinction entre la liberté d’expression et le respect des droits individuels. Elle reconnaît le caractère fondamental de la liberté de la presse et de la liberté d’expression, tout en estimant que ces libertés ne permettent pas de diffuser sans limite des accusations susceptibles de porter atteinte aux droits d’autrui.
« La liberté de la presse et la liberté d’expression sont des principes fondamentaux, mais elles ne constituent pas un droit, une immunité permettant de diffuser n’importe quelle accusation ou de porter atteinte aux droits d’autrui », a-t-elle déclaré.
Me Dorothée Madiya a par ailleurs voulu clarifier un autre point au sujet de la procédure. Pour elle, le fait de saisir la justice ne signifie pas que les avocats ordonnent eux-mêmes l’arrestation d’une personne.
« Porter plainte ne signifie pas ordonner l’arrestation de quelqu’un », a-t-elle insisté.
Elle explique que les avocats saisissent la justice et exposent les faits qu’ils estiment susceptibles de constituer une infraction. Il appartient ensuite aux autorités judiciaires compétentes d’apprécier les faits, de mener les investigations nécessaires et de prendre les mesures prévues par la loi.
Dans cette affaire, la défense de Fally Ipupa affirme ainsi vouloir laisser la justice examiner les circonstances et les contenus à l’origine de la procédure. L’avocate assure que la démarche ne consiste pas à exposer davantage la vie privée de son client, mais à informer sur les démarches judiciaires engagées.
Me Dorothée Madiya a notamment rappelé l’article 31 de la Constitution, qui garantit le respect de la vie privée. Selon elle, ce droit bénéficie à toute personne et ne peut faire l’objet d’une atteinte que dans les conditions prévues par la loi.
L’affaire Fally Ipupa–Virginie Manganga se retrouve ainsi au croisement de plusieurs questions : les limites de la liberté d’expression, la responsabilité liée à la diffusion de contenus sur les réseaux sociaux, le devoir de vérification des informations et la protection de la vie privée.
Alors que la procédure judiciaire suit son cours, il appartient désormais aux autorités compétentes d’examiner les faits reprochés, les éléments diffusés et les responsabilités éventuelles des différentes parties.
Charite-Dadie Zamba
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