Alors que le dossier de Jeanne Blandine Kawanda refait surface dans la presse, les chiffres avancés autour de l’acquisition d’une nouvelle drague de la Congolaise des Voies Maritimes (CVM-SA) appellent à une clarification. Le contrat conclu avec le constructeur néerlandais Royal IHC porte sur 36 millions d’euros pour la construction de la drague, auxquels s’ajoutent 2,8 millions d’euros pour l’assistance technique et le renforcement des capacités, soit 38,8 millions d’euros au total.
Par ailleurs, c’est le rapprochement entre ce montant contractuel et les « 44 millions de dollars détournés » qui soulève des interrogations. La valeur d’un contrat ne peut, à elle seule, être assimilée à un détournement de fonds. Pour établir un tel détournement, il faudrait notamment identifier les sommes effectivement détournées, leur destination, leurs bénéficiaires ainsi que le préjudice éventuellement subi par la CVM-SA.
De plus, l’opération n’a pas été présentée comme une transaction clandestine. Royal IHC a lui-même annoncé publiquement, le 10 mars 2026, la signature du contrat avec la CVM-SA. Le constructeur précise que cette nouvelle drague doit renforcer les capacités de l’entreprise et contribuer au maintien de la navigabilité du fleuve Congo.
Dès lors, une question demeure au cœur de cette polémique, d’où provient précisément le montant de 44 millions de dollars présenté comme ayant été détourné ? À qui cette somme aurait-elle été versée ? Sur quel compte ? Quel montant Blandine Kawanda aurait-elle personnellement perçu ? Et quel élément établit un enrichissement personnel de la directrice générale ? En l’absence de réponses précises à ces questions, la confusion entre le coût d’une opération et un détournement effectivement établi mérite d’être évitée.
Enfin, la gestion de Blandine Kawanda à la tête de la CVM-SA ne saurait être réduite à la seule polémique autour de l’acquisition de cette drague. Durant son mandat, la direction a notamment engagé des efforts pour assainir la situation financière de l’entreprise, apurer des arriérés hérités et assurer régulièrement la prise en charge des salaires courants.
La modernisation de l’outil de dragage s’inscrivait également dans cette volonté de renforcer les capacités opérationnelles de la CVM-SA et de réduire, à terme, sa dépendance à la location de dragues. Dans ce contexte, la décision d’acquérir un outil propre répondait à un besoin opérationnel présenté comme important pour l’entreprise. Dès lors, les critiques portant sur cette opération doivent être examinées à la lumière de l’ensemble de la gestion de Blandine Kawanda, et non à travers le seul prisme d’un montant de 44 millions de dollars présenté comme « détourné » sans démonstration correspondante.
Charite-Dadie Zamba
Dans la même catégorie :
