samedi, octobre 3, 2026

Blandine Kawanda : trois mois de suspension sans salaire, mais aucune condamnation pénale à ce jour malgré les accusations

La suspension de Jeanne Blandine Kawanda Walwom à la tête de la Congolaise des Voies Maritimes (CVM-SA) oblige à distinguer les faits établis des accusations portées contre elle, sur le statut qui lui est aujourd’hui attribué dans le débat public. Écartée de ses fonctions le 11 mai 2026, à titre conservatoire et pour trois mois, dans le cadre d’une enquête sur des faits qui lui étaient reprochés, l’ancienne directrice générale a depuis répondu aux griefs formulés contre elle.

Pendant cette période, elle est restée privée de salaire, alors que les accusations de détournement relayées dans certains médias n’ont, à ce jour, donné lieu à aucune condamnation pénale établissant sa responsabilité personnelle. Une situation qui impose de distinguer clairement une mesure administrative d’une culpabilité pénale.

Dès lors, une distinction importante mérite d’être faite entre la procédure administrative engagée contre elle et une éventuelle responsabilité pénale. Une suspension administrative ne constitue pas une condamnation judiciaire. De même, l’ouverture d’une enquête ne signifie pas que les faits reprochés ont été définitivement établis. Selon les éléments communiqués par son entourage, Blandine Kawanda a, pour sa part, répondu aux observations qui lui avaient été adressées et présenté ses moyens de défense.

Par ailleurs, la principale polémique autour de son passage à la CVM concerne notamment l’acquisition d’une nouvelle drague. Or, les accusations de « détournement de 44 millions de dollars » continuent d’être présentées dans certains articles alors que la défense de l’ancienne directrice générale conteste cette présentation et affirme que le contrat porte sur 36 millions d’euros pour la construction de la drague, auxquels s’ajoutent 2,8 millions d’euros d’assistance technique et de renforcement des capacités. La question de savoir comment le montant contractuel a été transformé en montant prétendument détourné demeure donc centrale.

En outre, Blandine Kawanda a engagé une démarche devant le Conseil d’État pour contester les décisions administratives la concernant. Le Conseil d’État a toutefois rejeté son recours le 2 septembre 2026, selon des informations publiées par DayNews RDC. Cette décision concerne la procédure administrative et ne constitue pas, en elle-même, une condamnation pénale pour détournement de fonds.  

Enfin, cette situation mérite d’être appréciée avec mesure. Pendant sa période de suspension, qui était fixée à trois mois, Blandine Kawanda est restée éloignée de ses fonctions et, selon les éléments communiqués par son entourage, sans rémunération. Pourtant, aucune juridiction pénale n’a, à ce jour, établi sa responsabilité personnelle dans un détournement de fonds. Son cas illustre ainsi la nécessité de distinguer une mesure administrative, une enquête, une décision juridictionnelle administrative et une condamnation pénale. Accusée ne signifie pas condamnée, et une procédure en cours ne saurait être présentée comme la preuve définitive d’une culpabilité.

Charite-Dadie Zamba

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