Le Président Félix Tshisekedi a fixé une ligne rouge autour du futur dialogue national, la force militaire ne peut devenir une voie d’accès à la légitimité politique. Dans son adresse à la Nation, il a refusé que la prise d’un territoire ou les armes puissent conférer des droits politiques supérieurs à ceux reconnus aux citoyens par le suffrage.
« Aucune arme ne conférera à son porteur un droit supérieur à celui que le suffrage reconnaît aux citoyens. Aucune conquête militaire ne pourra être convertie en légitimité politique », a déclaré le Chef de l’État.
Félix Tshisekedi va plus loin en rejetant l’idée qu’un mouvement armé puisse utiliser le principe d’inclusivité pour obtenir par la force ce qu’il n’aurait pas obtenu par les voies démocratiques. « Aucun mouvement armé ne pourra invoquer l’inclusivité pour imposer par la force ce qu’il n’a pas obtenu par les voies démocratiques », a-t-il martelé.
Cette position s’inscrit directement dans le contexte de la guerre dans l’Est de la RDC, où l’AFC/M23 contrôle plusieurs zones du territoire national. Le Président établit ainsi une distinction entre dialoguer pour mettre fin à un conflit armé et reconnaître à un mouvement armé une légitimité politique acquise par la force. Cette distinction est également au cœur des débats actuels sur l’articulation entre le processus de Doha et le futur dialogue national.
Le Chef de l’État précise toutefois que cette position « ne constitue pas une exclusion fondée sur les personnes, les opinions ou les appartenances ». Elle traduit, selon lui, « la réprobation de la nation à l’égard de ceux qui mènent la guerre contre la République, ses institutions et ses citoyens ».
Dans son raisonnement, Félix Tshisekedi refuse donc de placer sur le même plan la cessation des hostilités et la redistribution du pouvoir politique. Le processus de Doha reste, selon lui, le cadre destiné à traiter avec l’AFC/M23 des questions liées à la cessation des hostilités, au désengagement, au désarmement et aux autres modalités directement liées au conflit.
Le dialogue national ne devra pas, pour autant, devenir « une voie parallèle permettant d’obtenir par les armes ce que la démocratie et l’ordre constitutionnel n’ont pas accordé ». Une porte reste néanmoins ouverte à ceux qui renonceront individuellement, sincèrement et de manière vérifiable à la violence.
Cette doctrine présidentielle repose finalement sur un principe de la paix qui peut nécessiter de parler avec ceux qui ont pris les armes, mais la fin d’une guerre ne doit pas automatiquement transformer la victoire militaire en légitimité politique.
Cécile Lowa
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