samedi, octobre 3, 2026

RDC : Félix Tshisekedi précise les contours du dialogue national : « Aucune conquête militaire ne pourra être convertie en légitimité politique »

Le Président de la République fixe les lignes rouges du dialogue national annoncé dans son discours à la Nation. Pour lui, la participation au processus doit respecter l’ordre constitutionnel et les voies démocratiques.

« Aucune arme ne conférera à son porteur un droit supérieur à celui que le suffrage reconnaît aux citoyens. Aucune conquête militaire ne pourra être convertie en légitimité politique », a déclaré Félix Tshisekedi.

Le Chef de l’État exclut ainsi que les armes puissent servir de moyen pour accéder à la légitimité politique. Il refuse également qu’un mouvement armé puisse invoquer l’inclusivité pour imposer par la force ce qu’il n’a pas obtenu par les mécanismes démocratiques.

Félix Tshisekedi précise toutefois que cette position ne constitue pas une exclusion fondée sur les personnes, les opinions ou les appartenances. Elle traduit, selon lui, la réprobation de la Nation envers ceux qui combattent la République, ses institutions et ses citoyens.

Dans le même temps, le Président clarifie l’articulation entre le dialogue national et le processus de Doha. « Le processus de Doha demeure le cadre approprié pour traiter avec les FRCM des questions relatives à la cessation des hostilités, aux désengagements, au complémentement, au désarmement et aux autres modalités directement liées au conflit », explique-t-il.

Le dialogue national ne doit donc pas devenir une voie parallèle permettant d’obtenir politiquement ce que les armes n’ont pas permis d’obtenir démocratiquement. Une voie de réintégration restera néanmoins ouverte aux individus qui renonceront sincèrement et de manière vérifiable à la violence.

Cette réintégration passera notamment par les mécanismes de désarmement, démobilisation, réintégration, relèvement communautaire et stabilisation, ainsi que par les dispositifs de justice et de réconciliation.

Enfin, Félix Tshisekedi pose une autre limite : « La paix ne saurait signifier l’impunité. » Les crimes de guerre, crimes contre l’humanité, actes de génocide, violences sexuelles graves et autres crimes imprescriptibles ne pourront, selon lui, être effacés par une amnistie générale ou sacrifiés au nom d’un compromis politique.

Charite-Dadie Zamba

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