samedi, octobre 3, 2026

Pero Luwara face à ses propres contradictions : il dénonce en Belgique une pression qu’il attribue à ses attaques contre Kinshasa

« Où que vous vous trouviez dans le monde, la justice vous atteindra. » La formule lancée par le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya sur X, après l’arrestation de Denise Mukendi Dusauchoy en Tanzanie, prend un relief particulier au moment où Claude Pero Luwara affirme, depuis Bruxelles, que des autorités belges lui auraient demandé de mettre fin à son travail journalistique ou de ne plus critiquer le pouvoir congolais.

Lors de sa conférence de presse samedi 19 septembre à Bruxelles, le journaliste opposant affirme avoir reçu un document comportant plusieurs engagements liés à sa sécurité et dit avoir été informé d’un niveau de menace situé, selon son récit, aux niveaux 5. Il en déduit une discrimination qui pourrait être liée à sa nationalité, ses origines ou sa couleur de peau, alors que ses propres prises de parole sont régulièrement marquées par des attaques virulentes contre les institutions congolaises et le Président de la République.

Mais le point essentiel demeure que ces accusations contre les autorités belges reposent, à ce stade, sur son propre récit et nécessitent encore des éléments vérifiables.

Le contraste avec le dossier de Denise Mukendi Dusauchoy est néanmoins concret. Arrêtée le 30 août en Tanzanie sur la base d’un mandat congolais, puis transférée à Kinshasa et placée sous mandat d’arrêt provisoire, elle se trouve désormais dans le cadre d’une procédure judiciaire congolaise. Le ministère de la Justice avait présenté son arrestation comme un acte de procédure qui ne préjuge pas de sa culpabilité. Dans le même temps, Patrick Muyaya avait publiquement assumé la portée internationale du message gouvernemental en écrivant que cette arrestation était « la première d’une longue liste » et que, où que l’on se trouve dans le monde, « la justice vous atteindra ». 

C’est précisément ici que le récit de Luwara mérite d’être interrogé. Il établit lui-même un lien entre son activité médiatique, ses attaques contre Kinshasa et les mesures qu’il affirme avoir reçues en Belgique, mais il ne produit pas encore publiquement les éléments permettant de vérifier que les autorités belges lui auraient effectivement ordonné de cesser son journalisme. La réalité des agressions dont il dit avoir été victime est une question distincte de l’interprétation politique qu’il leur donne.
Dossier à suivre…

Charite-Dadie Zamba

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