Les autorités sanitaires congolaises misent désormais sur les patients guéris d’Ebola Bundibugyo pour renforcer la lutte contre l’épidémie. Cette stratégie vise à rétablir la confiance des populations dans les zones touchées, alors que la méfiance communautaire continue de compliquer les opérations de riposte.
Le 9 juin, des cérémonies de sortie ont été organisées dans les zones de santé de Nyankunde et de Mongbwalu, en Ituri. Ces événements ont permis de présenter aux communautés plusieurs personnes déclarées guéries après leur prise en charge dans les centres de traitement. Parallèlement, les responsables de la riposte préparent la diffusion de leurs témoignages sur les radios communautaires locales.
À travers cette démarche, les autorités espèrent convaincre davantage de personnes de signaler rapidement les cas suspects et d’accepter les mesures sanitaires mises en place. Les témoignages des survivants doivent également contribuer à combattre les rumeurs qui alimentent encore la peur et la défiance dans certaines localités affectées.
Depuis la déclaration officielle de l’épidémie, le 15 mai 2026, trente patients ont été déclarés guéris. Huit d’entre eux ont quitté les centres de traitement le 9 juin, dont sept à Nyankunde et un à Mongbwalu.
Cette campagne de sensibilisation intervient toutefois dans un contexte délicat. Chaque jour, les équipes de riposte signalent des cas de fuite de patients des structures de soins. Elles font également face à des actes de résistance lors de certaines opérations, notamment celles liées aux enterrements sécurisés. En Ituri, le taux de suivi des personnes ayant été en contact avec des malades reste limité à 57,7 %, alors que l’objectif fixé est de 95 %.
Le professeur Jean-Jacques Muyembe, directeur de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), a néanmoins appelé à la prudence dans la communication autour des guérisons. Selon lui, les messages diffusés doivent éviter de créer un faux sentiment de sécurité.
« Si les populations retiennent qu’on guérit d’Ebola Bundibugyo, certaines familles pourraient être tentées de garder leurs malades à domicile plutôt que de les conduire dans les structures de soins », a-t-il averti.
L’épidémie continue par ailleurs de s’étendre. La zone de santé de Tchomia, située au bord du lac Albert près de la frontière ougandaise, a enregistré de nouveaux cas le 9 juin. Cette évolution porte à 26 le nombre total de zones de santé touchées dans le pays.
À ce jour, Ebola Bundibugyo a causé 127 décès parmi les 635 cas confirmés recensés dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Face à cette situation, les autorités sanitaires considèrent l’adhésion des communautés comme un élément déterminant pour freiner la propagation du virus et améliorer l’efficacité de la riposte.
Cécile Lowa
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