À Goma, ville sous l’emprise de l’AFC/M23, Claude Ibalanky, ancien coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, s’est exprimé publiquement pour la première fois depuis plusieurs jours.
Cette prise de parole intervient dans un contexte marqué par la circulation, sur les réseaux sociaux, d’informations faisant état de sa supposée adhésion à l’Alliance pour le Congo (AFC/M23).
D’entrée de jeu, Claude Ibalanky a expliqué les circonstances de sa présence dans la ville de Goma.
Il a tenu à remercier les personnes présentes avant d’entrer dans le fond de son message.
« Je commence d’abord par vous remercier pour l’accueil que vous m’avez réservé aujourd’hui à Goma, où j’essaie de mettre les pieds pour la seconde fois depuis que je suis dans la région il y a quelques jours. »
Une sortie médiatique liée à une rumeur persistante
Ensuite, l’ancien responsable étatique a directement évoqué la rumeur à l’origine de sa déclaration.
Selon lui, celle-ci circule depuis plusieurs heures sur les plateformes numériques.
« Depuis 48 heures, les réseaux sociaux s’enflamment autour d’une rumeur, ma supposée adhésion à l’alliance pour le Congo M23. Je suis venu aujourd’hui pour mettre fin aux spéculations par respect pour la nation, par respect pour l’opinion et par respect pour la vérité. »
Un rappel de son engagement public
Par ailleurs, Claude Ibalanky est revenu sur son parcours et sur les motivations qui ont guidé son action publique.
Il a insisté sur la nature de son engagement depuis plusieurs années.
« Mes chers compatriotes, toute ma vie publique a été une lutte contre l’injustice, contre la dictature, contre la mauvaise gouvernance et contre l’humiliation de notre peuple. »
Dans la continuité, il a précisé avoir travaillé pour les progrès sociaux, l’éveil des consciences et l’engagement de la jeunesse, sans distinction.
Sa proximité politique avec Félix Tshisekedi
Dans sa déclaration, Claude Ibalanky a également évoqué son engagement politique aux côtés du Chef de l’État.
Il a situé cette proximité dans le temps et dans une logique idéologique.
« Ce n’est pas un hasard si dès 2016, je me suis retrouvé aux côtés du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. J’ai accompagné un combat, consenti des sacrifices et cru sincèrement à l’espérance d’un Congo plus fort. »
Il a, à ce stade, fait référence à la doctrine du Peuple d’abord, héritée du docteur Étienne Tshisekedi Wa Mulumba.
Sa mission au Mécanisme national de suivi
Ensuite, Claude Ibalanky est revenu sur sa nomination officielle en mars 2019.
Cette mission lui avait été confiée sur instruction du Chef de l’État.
« En mars 2019, sur instruction du Chef de l’État, j’ai servi la République comme coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, avec une mission prioritaire : contribuer à la stabilisation et à la paix à l’Est du pays. »
Dans ce cadre, il a indiqué avoir sillonné plusieurs zones de l’Est, dialogué avec des acteurs multiples et travaillé avec des partenaires internationaux.
Une expérience de terrain marquée par le conflit armé
Toujours dans le récit de cette mission, il a évoqué ses déplacements dans des zones reculées, marquées par la présence de groupes armés.
« J’ai visité des groupes armés dans des zones reculées, au péril de ma sécurité. J’ai établi des réseaux de confiance avec les services de sécurité et de défense au niveau de toute la sous-région. »
C’est à partir de cette expérience qu’il a formulé un constat.
« J’ai vu une vérité simple : tout le monde était fatigué de la guerre. La paix ne se proclame pas, elle se construit. »
Des contacts évoqués avec le M23 en 2019
Enfin, Claude Ibalanky a mentionné des échanges intervenus en 2019 dans le cadre de ses fonctions.
« En 2019, le M23 m’a sollicité pour une reddition volontaire à condition des garanties. En 2019, j’ai saisi l’auditeur général des FARDC. »
Charité-Dadie Zamba
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