Un grave incident sécuritaire a perturbé jeudi les opérations de riposte contre l’épidémie d’Ebola Bundibugyo à l’hôpital général de Rwampara, situé près de Bunia, dans la province de l’Ituri.
Selon les premières informations, des proches d’un patient décédé et suspecté d’être porteur du virus ont forcé la récupération du corps malgré l’opposition des équipes médicales. La situation a rapidement dégénéré, provoquant un mouvement de panique au sein du centre de prise en charge.
Dans le chaos, six patients ont quitté le site, dont trois cas confirmés d’Ebola et trois autres considérés comme suspects, compliquant davantage les efforts sanitaires engagés dans la zone.
Au cours des violences, plusieurs installations de l’ONG ALIMA déployées dans le centre d’isolement ont été incendiées. Les autorités ont ensuite placé le personnel soignant sous protection sécuritaire pendant que les forces de l’ordre tentaient de reprendre le contrôle de la situation.
Présent sur place, l’acteur politique Luc Malembe a lancé un appel à l’intervention des forces de sécurité.
« Les manifestants en colère sont en train d’incendier les tentes des malades d’Ebola parce qu’ils veulent récupérer les corps. Il y a peu d’éléments de la police qui n’arrivent pas à contenir la situation », a-t-il déclaré.
Il a également estimé qu’« il y a vraiment besoin d’une intervention des FARDC » afin de sécuriser le site hospitalier et empêcher une aggravation des tensions.
Cet incident met une nouvelle fois en évidence les difficultés rencontrées par les équipes sanitaires dans la gestion communautaire de l’épidémie, notamment autour des enterrements sécurisés et de la manipulation des corps, considérés comme des facteurs majeurs de propagation du virus.
Selon les dernières données communiquées par le ministère de la Santé, l’épidémie d’Ebola Bundibugyo totalisait, au 21 mai, plus de 600 cas probables et 139 décès probables dans les zones affectées.
Les autorités sanitaires rappellent par ailleurs qu’aucun vaccin ni traitement homologué n’existe actuellement contre cette souche spécifique du virus Ebola.
Cécile Lowa
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