Les atrocités commises par les troupes ougandaises en République démocratique du Congo entre 1998 et 2003 ont laissé des cicatrices profondes. Femmes violées, enfants enrôlés de force, familles massacrées, communautés déplacées. Plus de 1 000 civils tués, des milliers de blessés, des écoles et des hôpitaux détruits.
Des milliers de Congolais attendent encore réparation pour les atrocités. Et les soupçons de détournement des fonds d’indemnisation ne font qu’ajouter à leur douleur.
Sur ce, le député national Flory Mapamboli a adressé, le jeudi 15 mai, une question écrite au Coordonnateur du Fonds spécial de Répartition de l’Indemnisation aux Victimes des Activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO).
Il évoque une gestion « peu orthodoxe » des fonds.
Selon ses sources, une partie importante des montants aurait échappé à la gestion du FRIVAO, en violation du décret du 13 décembre 2019.
Il dénonce aussi l’affectation de certaines sommes à des fins étrangères à l’objet social du Fonds.
Pour Flory Mapamboli, élu de Kasongo-Lunda, il pourrait s’agir d’un détournement de fonds publics si les faits sont avérés.
En parallèle, il exige une situation complète des montants reçus de l’Ouganda, avec toutes les pièces justificatives.
En reconnaissance des préjudices subis, la Cour internationale de justice a condamné en 2022 l’Ouganda à verser 325 millions de dollars à la RDC, dont 225 millions pour les dommages causés aux personnes. Ces montants concernent notamment les pertes en vies humaines, les viols, les enrôlements d’enfants et les déplacements forcés. Pour gérer ces fonds, le gouvernement congolais a créé en 2019 le FRIVAO. Mais six ans plus tard, l’indemnisation des victimes reste, elle aussi, en souffrance.
Charité-Dadie Zamba
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