Lors d’une récente session à l’Assemblée nationale, le président de l’institution, Vital Kamerhe, a vivement réagi à la relance de la procédure judiciaire contre le député national Augustin Matata Ponyo, poursuivi dans l’affaire Bukanga Lonzo devant la Cour constitutionnelle.
S’exprimant devant les députés, Kamerhe a mis en doute la légitimité du président de la Cour constitutionnelle, Dieu-Donné Kamuleta, à interpréter la loi dans ce dossier. « J’allais lui poser la question : en quelle qualité peut-il interpréter la loi ? Il est président de la Cour constitutionnelle, mais pas la Cour constitutionnelle elle-même », a-t-il déclaré.
Une procédure suspendue, puis relancée
Le président de l’Assemblée a rappelé qu’une première procédure contre Matata avait été suspendue, après que le Sénat lui avait levé ses immunités, pour lui permettre de se présenter à la présidentielle de 2023. « C’est eux-mêmes qui avaient dit : ‘nous allons stopper la procédure’ », a-t-il souligné.
Kamerhe s’interroge : « Et s’il avait été élu président de la République, ils allaient faire quoi ? »
Selon lui, les institutions doivent faire preuve de cohérence et respecter les équilibres entre les pouvoirs. Il rappelle par ailleurs que Matata Ponyo a acquis une nouvelle immunité en tant que député national, en plus de son statut d’ancien Premier ministre.
« Il faudra qu’on fasse attention aux choses que nous faisons maintenant, parce que demain, ça peut nous rattraper nous-mêmes », a-t-il averti.

Prochaine audience prévue le 14 mai
La Cour constitutionnelle a fixé la prochaine audience dans l’affaire Matata au 14 mai. Cette échéance judiciaire sera scrutée de près, tant elle met en jeu les rapports entre pouvoir législatif et pouvoir judiciaire dans une affaire à forte portée politique.
Charité-Dadie Zamba
Dans la même catégorie:
Matata Ponyo, 20 ans requis : un verdict pour juger un homme face à son passé de gestionnaire public
