À la veille de la rentrée parlementaire du 30 septembre, les députés provinciaux de la RDC réclament le règlement de leurs émoluments impayés. Le collectif qui représente les élus provinciaux affirme que dix mois d’arriérés restent dus et exige, dans l’immédiat, le paiement de deux mois octobre 2025 et juillet 2026.
La situation, selon les élus, s’est installée sur plusieurs exercices. Pour 2024, des mois étaient déjà restés impayés. En 2025, les paiements avaient repris avant une nouvelle interruption. Pour 2026, les députés indiquent avoir reçu leurs émoluments de janvier à juin, avant un nouvel arrêt.
Le collectif rappelle avoir déjà saisi les autorités sur cette question. Lors de la 13ᵉ Conférence des gouverneurs tenue à Bandundu en mars dernier, les députés provinciaux affirment avoir porté leur revendication devant le Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Selon eux, une instruction avait alors été donnée pour régulariser leur situation. Des paiements ont suivi, mais les arriérés persistent.
« Chaque fois que nous voulons être payés, nous devons monter au créneau. Nous ne pouvons pas monter au créneau chaque fois pour être payés », déplore le député provincial Marcel Gbagara Nzuambe, questeur du Collectif des députés provinciaux de la RDC.
Au-delà des arriérés, les élus décrivent les conséquences de cette situation sur leur quotidien et sur l’exercice de leur mandat. Les vacances parlementaires, expliquent-ils, se sont déroulées sans paiement régulier, alors que les députés provinciaux doivent aussi effectuer des descentes dans leurs bases.
« Nous n’avons pas assuré la rentrée scolaire de nos enfants », témoigne Marcel Gbagara Nzuambe, qui estime que les difficultés financières touchent directement les familles des élus.
Le collectif conteste par ailleurs la nécessité de multiplier les démarches pour obtenir le paiement de ce qu’il considère comme un droit. « Nous n’avons pas de démarches à faire. C’est notre droit », insiste le député provincial.
Pour l’immédiat, la revendication porte sur deux paiements précis. Les élus affirment que les ordres de paiement correspondants sont déjà logés à la Banque centrale du Congo et demandent leur exécution.
La rentrée du 30 septembre constitue désormais l’échéance. Le collectif affirme que, sans règlement dans les 48 heures, les députés provinciaux concernés ne reprendront pas les travaux. La déclaration rendue publique le 26 septembre porte cette mise en garde au nom des élus provinciaux.
« Si nous ne sommes pas payés, il n’y aura pas de rentrée parlementaire au niveau des assemblées provinciales », prévient Marcel Gbagara Nzuambe.
Pour les députés provinciaux, la question dépasse donc le seul règlement des arriérés ils demandent une prise en charge régulière de leurs émoluments afin de pouvoir exercer leur mandat et assurer le fonctionnement normal des assemblées provinciales.
Cécile Lowa
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