samedi, octobre 3, 2026

RDC : la C64 hausse le ton, réclame un procès équitable pour Minaku et Shadary et maintient son ultimatum du 15 août

La Coalition Article 64 (C64) durcit sa position sur le dossier d’Aubin Minaku et d’Emmanuel Ramazani Shadary. Dans son communiqué publié samedi 8 août, la plateforme de l’opposition réclame que les deux cadres du PPRD soient présentés devant leur juge naturel et bénéficient d’un procès équitable. En parallèle, elle maintient au 15 août la date butoir fixée pour obtenir des réponses à ses revendications, faute de quoi une nouvelle marche sera reprogrammée.

Sur le dossier judiciaire, la C64 dit avoir pris acte du transfèrement annoncé de Minaku et Shadary vers un lieu de détention désormais connu. La coalition reste toutefois très critique sur les conditions de leur détention. Elle parle de « plus de 200 jours de détention clandestine arbitraire » et demande que cette situation débouche désormais sur une procédure judiciaire régulière.

« La C64 exige qu’ils soient présentés devant leur juge naturel pour un procès équitable dans le respect strict des droits fondamentaux garantis à tous les citoyens », affirme le communiqué. Pour la coalition, le transfèrement ne constitue donc pas une réponse suffisante. La question centrale reste celle de leur présentation devant une juridiction compétente et du respect de leurs droits dans le cadre d’un procès.

Cette position intervient alors que le dossier de ces deux responsables du PPRD a quitté le Conseil national de cyberdéfense pour être transmis à la justice militaire. Minaku et Shadary sont ainsi attendus dans le cadre d’une procédure judiciaire dont les charges retenues contre eux n’ont, selon les éléments communiqués jusqu’ici, pas été clairement dévoilées publiquement.

Le 15 août reste la ligne rouge de la C64

Au-delà du dossier Minaku-Shadary, la coalition maintient surtout la pression politique autour du 15 août. Elle rappelle que cette échéance, déjà annoncée dans ses précédents communiqués des 20 et 29 juillet, reste inchangée.

La C64 prévient clairement qu’à l’expiration de ce délai, « à défaut de réponses concrètes aux exigences formulées, la Coalition reprogrammera sa marche ». Autrement dit, le 15 août n’est pas présenté comme une simple date symbolique, mais comme le terme fixé par l’opposition pour évaluer la réponse du pouvoir à ses revendications.

La plateforme condamne également les attaques visant ses membres au Camp Luka, le 6 août, ainsi que celles dirigées contre le siège de l’ECiDé le lendemain. Elle dénonce des actes « de violence et d’intimidation » qu’elle juge incompatibles avec « les principes de l’État de droit, le pluralisme politique et l’exercice des libertés publiques ».

Dans le même temps, la restitution du passeport d’Olivier Kamitatu est accueillie favorablement. La C64 considère cette mesure comme « un geste contribuant à la décrispation du climat politique » et souhaite qu’elle soit étendue aux autres membres de l’opposition se trouvant dans une situation similaire.

À quelques jours du 15 août, la C64 place donc deux exigences au cœur de son message. Un traitement judiciaire régulier pour Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary, et des réponses concrètes à ses revendications politiques. La coalition appelle ses militants et les forces politiques et sociales qui la soutiennent à rester mobilisés, affirmant que les intimidations ne détourneront pas son engagement en faveur de « la défense de la Constitution, de l’État de droit et des libertés publiques ».

Charite-Dadie Zamba 

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