samedi, octobre 3, 2026

RDC : l’IRDH interpelle Félix Tshisekedi sur trois dossiers de pollution minière au Haut-Katanga et au Lualaba

À Lubumbashi, la question de la pollution liée aux activités minières revient au cœur du débat sur la responsabilité des entreprises et la protection des communautés. L’Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH) demande au président Félix-Antoine Tshisekedi d’intervenir dans trois dossiers qu’il considère comme révélateurs des difficultés persistantes dans l’application des règles environnementales en RDC.

Dans un mémorandum adressé au chef de l’État, l’organisation met notamment en cause la Société Minière du Katanga (SOMIKA), Congo Dongfang International Mining (CDM) et Chemaf SA. L’IRDH réclame une réponse effective aux conséquences sanitaires et environnementales attribuées à certaines activités minières, alors que le pays cherche parallèlement à accroître sa production de cuivre, de cobalt et d’autres minerais stratégiques.

Le dossier SOMIKA occupe une place particulière dans cette nouvelle alerte. L’IRDH revient sur deux incidents survenus les 26 et 29 avril 2026 à Kwampisha, dans le territoire de Kipushi. Selon l’organisation, d’importants rejets d’effluents qualifiés d’acides auraient atteint la route menant au village avant de se déverser dans la rivière Kasonta, puis dans la Kibunduka, un cours d’eau qui alimente notamment le lac artificiel de l’INERA.

Dès lors, l’enjeu dépasse la seule activité industrielle. Une éventuelle contamination des ressources en eau pourrait affecter les populations riveraines, les activités agricoles et la biodiversité aquatique. L’IRDH demande ainsi que les faits soient établis sur la base d’analyses indépendantes et que les mécanismes prévus pour réparer les dommages environnementaux soient effectivement appliqués.

Toutefois, les accusations de pollution font l’objet d’une contestation de la part de SOMIKA. L’entreprise avait rejeté les accusations formulées en juin et soutenu que les analyses réalisées sur le terrain ne démontraient pas de contamination de la rivière Kibunduka. Elle avait présenté les faits comme un incident technique maîtrisé et évoqué notamment des résultats affichant un pH proche de 8.

Pour l’IRDH, la controverse actuelle doit également être replacée dans un contexte plus ancien. L’organisation rappelle que des plaintes visant SOMIKA avaient déjà été formulées en 2021 par des habitants du quartier Somika et de la commune Annexe, autour de problèmes liés notamment à l’eau et à l’air. Une commission mixte d’enquête avait alors été constituée par les autorités provinciales pour effectuer des prélèvements environnementaux.

Ainsi, au-delà du seul incident d’avril 2026, l’IRDH pose une question centrale : qui répond des conséquences environnementales lorsque les populations riveraines se plaignent de manière répétée ? Pour l’organisation, la réponse passe par des investigations crédibles, la transparence des résultats et, lorsque des responsabilités sont établies, l’application effective des mesures de réparation et de protection des communautés.

Cette interpellation intervient alors que la pression s’intensifie autour des ressources minières congolaises. Pour l’IRDH, l’essor de l’industrie extractive ne devrait pas se traduire par un affaiblissement des exigences en matière de santé publique, de protection de l’environnement et de droits des populations vivant à proximité des sites miniers.

Cécile Lowa

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