samedi, octobre 3, 2026

RDC : Ebola endeuille des centaines d’enfants en Ituri, l’UNICEF alerte sur une génération en danger

L’épidémie d’Ebola continue de faire des ravages en République démocratique du Congo, mais ce sont les enfants qui en paient aujourd’hui le plus lourd tribut. En Ituri, province la plus touchée, la flambée épidémique ne se limite plus à la propagation du virus : elle menace désormais l’accès des plus jeunes aux soins de santé essentiels, faisant craindre une aggravation de la mortalité infantile.

Les derniers chiffres publiés par l’UNICEF dressent un tableau préoccupant. Au 2 août, 743 enfants âgés de 0 à 17 ans avaient été contaminés par le virus, dont 330 sont décédés. Les enfants de moins de cinq ans demeurent les plus exposés, une réalité qui inquiète fortement l’agence onusienne au regard de leur vulnérabilité face aux maladies infectieuses.

Au-delà des décès directement liés à Ebola, l’organisation s’alarme des conséquences indirectes de cette crise sanitaire. La peur de contracter le virus pousse de nombreuses familles à éviter les centres de santé. Résultat : les consultations médicales chutent, les campagnes de vaccination sont fortement perturbées et les femmes enceintes renoncent parfois à accoucher dans des structures sanitaires.

« Les données indiquent que la crainte d’être contaminée, conjuguée aux perturbations des services, dissuade de nombreux enfants et leurs familles de solliciter des soins. Un médecin a confié à notre équipe qu’avant l’épidémie actuelle, son établissement accueillait en moyenne 500 patients par mois, mais que ce chiffre était désormais quasiment tombé à zéro », a déclaré John Agbor, représentant de l’UNICEF en RDC.

Selon les données de l’agence des Nations unies, les consultations de soins primaires ont diminué de 42 %, tandis que la vaccination infantile enregistre une baisse de 69 %. Les accouchements dans les établissements de santé ont également reculé de 12,6 %, une tendance qui expose davantage les mères et les nouveau-nés à des complications pourtant évitables.

Pour l’UNICEF, cette situation pourrait provoquer une crise sanitaire encore plus grave. Les enfants risquent désormais de mourir non seulement d’Ebola, mais aussi de maladies comme le paludisme, la diarrhée ou les infections respiratoires, faute d’une prise en charge rapide.

« L’épidémie d’Ebola perturbe gravement l’ensemble du système de santé, avec des conséquences inévitables pour les cas de paludisme, de diarrhée et d’autres maladies traitables qui sont les plus grandes causes de mortalité chez les enfants. Veiller à ce que les postes de santé restent ouverts, sûrs et dignes de confiance est essentiel pour sauver des vies aujourd’hui et prévenir de futures épidémies demain », a insisté John Agbor.

Face à cette urgence, l’UNICEF affirme avoir sensibilisé plus de 2,4 millions de personnes aux mesures de prévention et réalisé, avec ses partenaires, plus de 505 000 visites à domicile pour rétablir la confiance des communautés et orienter les cas suspects vers les structures de santé. L’organisation lance également un nouvel appel de fonds de 113,45 millions de dollars afin de poursuivre ses interventions dans 21 zones de santé.

Alors que l’épidémie touche désormais cinq provinces du pays, l’agence onusienne rappelle que protéger les enfants ne consiste pas uniquement à freiner la propagation du virus. Il s’agit aussi de garantir que chaque enfant puisse continuer à être soigné, vacciné et pris en charge dans un système de santé capable de résister à cette crise.

Cécile Lowa

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