La riposte contre l’épidémie d’Ebola Bundibugyo entre dans une nouvelle phase en République démocratique du Congo. Face à la progression du virus dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, le gouvernement renforce sa stratégie de sensibilisation en déployant des relais communautaires chargés d’identifier rapidement les cas au sein des populations.
Lors d’un briefing de presse animé lundi 15 juin à Kinshasa avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le ministre de la Santé, Roger Kamba, a annoncé le déploiement massif d’agents communautaires dans les zones touchées.
« Nous avons formé des relais communautaires. On en a formé 1.200 et 1.000 sont déjà déployés. En début juillet, nous serons autour de plusieurs milliers de relais communautaires. C’est eux qui vont de famille en famille, de groupement en groupement pour rapporter tous les cas qui sont dans les communautés », a expliqué Roger Kamba.
Cette stratégie vise à améliorer la détection précoce des malades et à renforcer le suivi des contacts dans les zones affectées par l’épidémie.
Sur le plan sanitaire, les autorités font état d’une situation encore préoccupante. Le ministre de la Santé a indiqué que la RDC compte désormais 808 cas confirmés d’Ebola Bundibugyo et 192 décès enregistrés depuis le début de la flambée.
« Aujourd’hui, nous sommes à 808 cas confirmés et nous sommes à 192 décès confirmés. Nous avons actuellement 363 malades qui sont en isolement parce qu’ils sont confirmés ou parce qu’ils sont suspects. Nous avons aussi beaucoup de cas guéris. Nous sommes au-delà de 50 guéris officiellement », a précisé Roger Kamba.
L’épidémie touche actuellement 31 zones de santé réparties dans les trois provinces concernées. Selon le ministre, l’un des principaux défis reste l’adhésion des communautés aux mesures de prévention et aux dispositifs de prise en charge.
« Le premier défi, c’est au niveau de la communauté, faire comprendre aux populations que ce n’est pas une maladie imaginée, ni inventée. C’est un virus que nous avons identifié et décrit dès le premier jour », a souligné le ministre de la Santé.
Roger Kamba a également insisté sur l’importance d’une prise en charge rapide des personnes infectées. Il estime que les malades qui se présentent tôt dans les structures de soins augmentent considérablement leurs chances de survie.
« Nous sommes à 23 % du taux de mortalité. Cela veut dire que vous avez presque 80 % de chances de guérir si vous venez plus tôt », a-t-il affirmé.
À travers le renforcement de la surveillance communautaire et la sensibilisation des populations, le gouvernement espère ralentir la propagation du virus et améliorer la prise en charge des personnes touchées par cette 17ᵉ épidémie d’Ebola déclarée dans l’est du pays.
Cécile Lowa
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