La cité de Panu, dans la province du Kwilu, s’est réveillée ce matin dans un climat de fortes tensions. Selon des informations parvenues au député provincial Homard André Bogard, des affrontements ont opposé des groupes de jeunes à la police nationale.
À l’origine, les forces de l’ordre ont procédé à l’arrestation de trois chefs de jeunes, communément appelés kuluna. En réaction, leurs partisans ont contesté ces arrestations. Ainsi, des heurts ont éclaté dans plusieurs quartiers de la cité.
D’après les témoignages recueillis sur place, des coups de feu ont retenti entre 6 heures et 8h45. Par conséquent, la situation a rapidement dégénéré. Les policiers ont fait face à un grand nombre de jeunes armés d’objets contondants. Entre-temps, les échauffourées se sont étendues aux abords du commissariat et de l’hôpital local.

Selon le Père Don-Bosco Mikwa, missionnaire oblat de Marie Immaculée à Panu, le bilan provisoire fait état de lourdes pertes humaines.
« La cité s’est mal réveillée. Deux policiers ont perdu la vie, un civil a été abattu et plusieurs autres civils sont grièvement blessés », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que « le calme n’est pas encore revenu et la population traverse la rivière Kasaï pour se mettre à l’abri ».
Par ailleurs, le religieux a souligné la paralysie totale de la cité.
« Les écoles, les marchés et les hôpitaux ne fonctionnent plus. Les maisons se vident et la peur gagne la population », a-t-il expliqué.
Il a également indiqué que des détenus ont été libérés lors des attaques contre la police.
De son côté, le bourgmestre de Panu, Zénon Mufele, a publié un communiqué officiel. Dans ce document, il a pris ses distances avec les événements.
« Nous ne connaissons pas l’identité ni la mission de ces assaillants. Ils n’ont entrepris aucune démarche auprès de l’autorité locale », a-t-il affirmé.
Il a précisé qu’il n’existe « aucune complicité de l’autorité de la place » et a présenté ses condoléances aux familles touchées.
Élu de la province du Kwilu, le député provincial Homard André Bogard s’est exprimé sur ces événements, qu’il qualifie de graves. Il a relayé les inquiétudes des populations affectées et appelé à des réponses urgentes face à une situation qu’il juge intenable pour les habitants de Panu.
Selon son entourage, le député a déjà alerté les autorités compétentes d’Idiofa et de Kikwit. En outre, il plaide pour une réponse sécuritaire encadrée, respectueuse des populations locales. Il appelle surtout à une assistance urgente aux familles affectées et aux blessés.
Pendant ce temps, la cité de Panu reste paralysée. Ainsi, la population vit dans l’attente d’un retour effectif au calme. Les autorités provinciales suivent désormais la situation de près.
Charité-Dadie Zamba
Lisez aussi:
Kwilu : un hôpital moderne et une école professionnelle en projet à Mwefo et Panu
Kwilu : lancement de la distribution gratuite de moustiquaires imprégnées le 8 septembre
