jeudi, mai 14, 2026

Kwamouth : Mbomo, Kunzulu, Nkana… des villages rebaptisés par les miliciens Mobondo, le plateau de Bateke renommé « Lunda »

La crise sécuritaire à Kwamouth prend une dimension territoriale préoccupante. Selon l’armée congolaise, des villages entiers du territoire de Kwamouth, dans la province du Mai-Ndombe, ont changé de noms après l’occupation par les miliciens Mobondo, accompagnée du déplacement forcé des populations autochtones.

D’après les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), ce groupe armé a profité du vide sécuritaire pour s’implanter durablement. Ainsi, les occupants armés ont non seulement pris le contrôle de plusieurs localités, mais ils ont également rebaptisé le plateau de Bateke, désormais appelé « plateau Lunda ».

S’exprimant devant la presse, le capitaine Anthony Mualushayi, porte-parole de la 11ᵉ région militaire, décrit une stratégie méthodique.
« Ils ont eu beaucoup de temps pour s’organiser, chasser les populations autochtones et s’approprier leurs terres », a-t-il déclaré.

Selon lui, les miliciens revendiquent ouvertement ces territoires.
« Ils affirment que ces terres leur appartiennent. Ils ont donc renommé le plateau de Bateke en plateau Lunda », a précisé le porte-parole de l’armée.

Par ailleurs, cette occupation massive n’est pas nouvelle. Un rapport du ministère de la Défense, présenté au Conseil des ministres en juillet 2022, indiquait déjà que 74 villages sur 140 du territoire de Kwamouth étaient sous contrôle des Mobondo.

De leur côté, les autorités coutumières confirment cette réalité sur le terrain. Aujourd’hui éloignées de leurs terres, elles dressent un tableau alarmant. Le chef coutumier Stany Libie cite plusieurs exemples précis de villages rebaptisés après l’arrivée des miliciens : Mbomo devenu Minikongo, Kunzulu renommé Mawanga, Nkana transformé en Bulungu, Engweme rebaptisé Kikwit, Mbutie changé en Matundu, ou encore Makusho devenu Popokabaka.

Face à cette situation, l’inquiétude grandit.
« Nous avons alerté nuit et jour pour que l’État restaure son autorité. Jusqu’ici, nos cris n’ont pas été entendus », regrette Stany Libie.

Ainsi, au-delà des affrontements armés, la crise de Kwamouth révèle désormais une tentative de redéfinition territoriale, que l’armée assimile à une occupation durable, accentuant l’urgence d’un rétablissement effectif de l’autorité de l’État dans cette partie du Mai-Ndombe.

Correspondance

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