jeudi, mai 14, 2026

Kikwit : après les combats, des miliciens Mobondo interrogés citent des acteurs politiques, selon le capitaine Anthony Mualushayi

À Kikwit, les opérations militaires contre les miliciens Mobondo prennent une tournure sensible. Lors d’un point de presse tenu ce dimanche, l’armée congolaise a révélé que plusieurs combattants capturés ont évoqué des noms d’acteurs politiques lors de leurs interrogatoires.

Selon le capitaine Anthony Mualushayi, porte-parole de l’opération Ngemba, ces révélations proviennent directement des aveux recueillis sur le terrain.

Face à la presse à Kikwit, le capitaine Mualushayi a affirmé que les enquêtes en cours mettent en cause des soutiens politiques présumés du mouvement Mobondo.

« La majorité des gens qui sont derrière les Mobondo sont souvent derrière le président de la République. La journée, ils sont comme des agneaux, et la nuit, ce sont eux qui commandent les Mobondo », a-t-il déclaré.

Il précise que ces informations ne relèvent pas de simples soupçons. « Les capturés que nous avons interrogés ont cité certains noms », insiste-t-il.

L’armée indique toutefois agir avec prudence. Aucune identité n’a encore été rendue publique. Le porte-parole de l’opération Ngemba souligne que la procédure suit un circuit hiérarchique strict.

« Nos services mènent encore les enquêtes. Avant toute publication, un rapport sera transmis à la hiérarchie et aux autorités compétentes pour décision », a expliqué Anthony Mualushayi.

L’objectif affiché reste d’éviter toute précipitation dans un dossier à forte portée politique.

Malgré ces implications sensibles, les FARDC assurent que leur mission reste inchangée. L’armée affirme vouloir neutraliser totalement le mouvement Mobondo, désormais qualifié de groupe rebelle ou terroriste.

« Même si Kinshasa donne raison à certains bons parleurs pour des intérêts politiques, nous ferons notre travail. Notre mission est régalienne. Nous sécurisons la population et l’intégrité du pays », a martelé le capitaine Mualushayi.

Sur le plan opérationnel, l’armée dresse un bilan marqué par de lourdes pertes. En décembre, quinze miliciens Mobondo ont été tués lors d’affrontements au village Bolingo. Cinq soldats FARDC sont également tombés.

Fin novembre, une attaque au village Nkana a causé la mort d’au moins vingt-quatre personnes, dont un militaire. L’armée évoque aussi des faits graves impliquant des civils.

« Des femmes ont été séquestrées dans une maison, ensuite incendiée par les miliciens », a révélé le porte-parole militaire.

Selon lui, l’intensité des violences observées dans cette zone proche de Kikwit rappelle certains épisodes du conflit armé à l’Est de la RDC.

Correspondance

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