Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, s’est rendu ce mercredi 26 mars à Luanda pour une rencontre avec son homologue angolais João Lourenço. Cette visite intervient dans un contexte brûlant : l’Angola vient d’annoncer officiellement son retrait de la médiation entre la RDC et le Rwanda, un coup dur pour le processus de paix.
Une visite sous haute tension
Accueilli au palais présidentiel de Luanda, Félix Tshisekedi s’est entretenu avec João Lourenço sur l’avenir des discussions entre Kinshasa et Kigali. Aucune déclaration officielle n’a encore été faite sur le contenu exact de l’échange, mais la situation sécuritaire à l’Est de la RDC était au centre des discussions.

À l’issue de cette réunion, le ministre angolais des Affaires étrangères, Tete António, a expliqué aux médias les conclusions de l’entretien et les perspectives à venir.
L’Angola jette l’éponge
Deux jours avant cette rencontre, Luanda a pris tout le monde de court en annonçant la fin de sa mission de médiateur. Dans un communiqué du 24 mars, la présidence angolaise justifie cette décision par la nécessité de se concentrer sur les priorités de l’Union africaine, dont elle assure la présidence en exercice.
Désigné médiateur par l’UA, João Lourenço avait œuvré pour un règlement du conflit entre Kinshasa et Kigali. Malgré quelques avancées, notamment un engagement mutuel sur les retraits militaires et la neutralisation des groupes armés, les discussions ont fini par s’enliser.
L’absence du Rwanda à une réunion clé en décembre 2024 et l’échec de l’ouverture des négociations directes entre la RDC et le M23 le 18 mars dernier ont marqué un tournant décisif.
Une médiation en panne, un avenir incertain
Le retrait de l’Angola laisse un vide à combler. La RDC et le Rwanda restent dans une impasse, et aucun nouveau médiateur n’a encore été désigné. Luanda annonce cependant qu’un travail est en cours avec la Commission de l’Union africaine pour trouver un successeur, soutenu par la SADC et la Communauté de l’Afrique de l’Est.
Cette décision soulève aussi une interrogation plus large : la résolution de la crise congolaise peut-elle être strictement africaine ou d’autres acteurs – occidentaux ou asiatiques – viendront-ils s’impliquer davantage ? Pendant ce temps, la situation sécuritaire à l’Est de la RDC reste explosive.
Rédaction
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