jeudi, mai 14, 2026

« Ceux qui ont des preuves sur des crimes de génocide, crimes de guerre ou crimes contre l’humanité sont priés de les envoyer sur le site de la CPI » – Karim Khan

La Cour pénale internationale (CPI) veut accélérer la traque des criminels de guerre en République démocratique du Congo. En visite à Kinshasa, son Procureur, Karim Khan, a lancé un appel retentissant aux témoins et victimes des atrocités commises dans l’Est du pays.

Mardi, à la Cité de l’Union africaine, le Président Félix Tshisekedi a reçu le magistrat britannique pour discuter de la crise sécuritaire et humanitaire qui ravage l’Est congolais. À l’issue de cette rencontre, le chef du parquet de la CPI s’est exprimé sans détour :

« Ceux qui ont des preuves sur des crimes de génocide, crimes de guerre ou crimes contre l’humanité sont priés de les envoyer sur le site de la CPI. »

Ce message s’adresse directement aux survivants, aux témoins, et à toute personne détenant des éléments permettant d’établir la responsabilité des auteurs de ces crimes. L’objectif est clair : documenter les exactions et s’assurer que justice soit rendue.

La CPI sous pression face à l’horreur

L’Est de la RDC est le théâtre d’un conflit meurtrier marqué par des massacres de civils, des déplacements massifs et des actes de barbarie attribués aux rebelles du M23 et à l’armée rwandaise. Face à cette situation, Karim Khan a tenu à rassurer les Congolais sur l’engagement de son institution :

« La population congolaise a droit à la protection et à la justice. La CPI suit de près la situation qui prévaut dans l’Est. »

Depuis la signature d’un protocole d’accord entre la CPI et la RDC en 2023, la collaboration entre les deux parties s’est intensifiée. Mais pour beaucoup, cela ne suffit pas. L’urgence d’agir se fait pressante, et Kinshasa veut des actions concrètes.

Vers une Cour pénale spéciale pour la RDC ?

Dans cette dynamique, une Conférence internationale sur la paix, la sécurité et la justice est annoncée pour avril prochain à Kinshasa. Ces assises devraient examiner les racines profondes de l’instabilité qui gangrène l’Est du pays depuis des décennies.

Le Professeur Taylor Lubanga, Chargé de suivi de la coopération RDC-CPI, a révélé l’un des points majeurs qui seront débattus :

« Les participants vont cogiter notamment sur l’instauration d’une Cour pénale spéciale pour la RDC. »

Une initiative qui, si elle voit le jour, permettrait de juger sur place les crimes les plus graves commis sur le territoire congolais, sans dépendre uniquement des procédures internationales.

Un tournant décisif ?

L’appel de Karim Khan sera-t-il suivi d’effets concrets ? La CPI, souvent critiquée pour sa lenteur et ses choix de poursuites, devra prouver qu’elle ne se contente pas de déclarations. Pendant ce temps, l’Est du Congo continue de saigner, et les victimes attendent que justice soit enfin rendue.

Rédaction

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