samedi, octobre 3, 2026

Kinshasa : la marche de la C64 s’est achevée dans la violence à Limete, entre affrontements, blessés et accusations croisées

La marche organisée mardi 15 septembre 2026 par la Coalition Article 64 (C64) à Kinshasa s’est achevée dans la confusion à Limete. Partie de l’Échangeur, la mobilisation n’a pas atteint son point de chute prévu, le cortège ayant été bloqué au niveau des 11ᵉ et 12ᵉ rues après des affrontements entre manifestants et des jeunes présentés comme membres des Forces du progrès. La Police nationale congolaise a, de son côté, fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

Le début de la manifestation s’était pourtant déroulé dans un calme relatif. Vers 12h30, l’arrivée de Jean-Marc Kabund à l’Échangeur avait marqué le départ du cortège. Delly Sesanga et Martin Fayulu avaient ensuite rejoint la procession qui avait pris la direction de Limete, sous la présence des éléments de la Police nationale congolaise.

La tension était montée progressivement à l’approche de la 12ᵉ rue. Des barrières avaient été dressées sur l’itinéraire et des affrontements avaient éclaté entre des manifestants et des jeunes présentés comme appartenant aux Forces du progrès. Des armes blanches, notamment des machettes, avaient été signalées au cours des heurts. La situation avait rapidement provoqué un mouvement de panique au sein du cortège.

Martin Fayulu avait raconté avoir dû prendre la fuite pour éviter les violences. « Je n’ai pas marché, ça m’a cueilli à froid. Comme j’ai détalé, parce qu’il fallait détaler. C’était une course de front », avait-il déclaré après les événements. Il avait également affirmé avoir aperçu des personnes munies de machettes à quelques mètres de lui.

À travers ces déclarations, le président de l’ECiDé avait directement mis en cause les Forces du progrès et la Police nationale congolaise. Il avait parlé d’un « guet-apens » et affirmé que plusieurs personnes avaient été blessées au cours de la manifestation. Martin Fayulu était ensuite apparu en boitant, après avoir été touché à la jambe selon les informations rapportées après les affrontements.

Delly Sesanga avait également dénoncé ce qu’il avait présenté comme une attaque contre les manifestants. Selon lui, « les armes de la République ne peuvent jamais être tournées contre des citoyens pacifiques ». Il avait demandé que les responsabilités soient établies à la suite des violences enregistrées pendant la marche.

Jean-Marc Kabund avait, lui aussi, soutenu que la mobilisation avait été pacifique avant l’intervention des groupes qu’il accusait d’avoir attaqué le cortège. « Nous avons marché pacifiquement aujourd’hui pour défendre notre Constitution et notre démocratie. En réponse, la Force du Progrès, avec l’appui de la police, a attaqué notre cortège à l’aide de machettes et d’autres armes blanches », avait-il déclaré.

Ces accusations avaient constitué l’un des principaux points de la communication des responsables de la C64 après les incidents. Elles avaient cependant été formulées par les dirigeants de l’opposition eux-mêmes et ne suffisaient pas, à ce stade, à établir individuellement les responsabilités dans les violences. Un établissement précis des circonstances restait nécessaire pour déterminer le rôle de chacun des acteurs présents sur les lieux.

L’affrontement avait surtout eu pour conséquence de modifier complètement le déroulement initial de la manifestation. Le cortège n’avait pas pu poursuivre son itinéraire jusqu’au point de chute annoncé et le mémorandum que les organisateurs comptaient porter aux institutions n’avait pas été remis comme prévu.

La situation avait également fait circuler des informations faisant état de plusieurs blessés et du décès présumé d’un cadre d’un parti de l’opposition identifié comme Manacé. Selon des témoignages rapportés après les violences, celui-ci aurait été violemment agressé avant d’être conduit dans une structure de santé. Ces informations sur son décès n’avaient toutefois pas encore été officiellement confirmées au moment de la publication, tout comme aucun bilan humain définitif n’avait été communiqué.

Au-delà de Kinshasa, la journée du 15 septembre avait également été marquée par des incidents liés aux mobilisations de la C64 dans plusieurs villes du pays. À Matadi, Lubumbashi, Kananga, Kisangani et Kindu, les manifestations avaient été empêchées ou dispersées, tandis qu’à Bandundu, la marche avait pu se tenir.

À Kinshasa, la manifestation avait ainsi commencé dans une atmosphère relativement calme avant de basculer dans les affrontements à Limete. Les déclarations des responsables de la C64 avaient ensuite fait apparaître de fortes accusations contre la Police et les groupes présentés comme proches de l’UDPS, tandis que les circonstances exactes des violences restaient à établir.

Au lendemain de cette journée, le débat portait désormais autant sur les conditions dans lesquelles la marche avait dégénéré que sur les suites qui pourraient être données aux incidents. Martin Fayulu avait annoncé son intention de saisir les instances judiciaires contre le Président de la République Félix Tshisekedi, le gouvernement et l’Hôtel de ville de Kinshasa, donnant ainsi une dimension judiciaire aux accusations formulées après la manifestation.

Charite-Dadie Zamba

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