samedi, octobre 3, 2026

Opposition : Alain Bolodjwa quitte la coalition C64 et rejette la suspension des actions contre la révision constitutionnelle

L’opposant Alain Bolodjwa a annoncé son retrait de la coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), dénonçant un changement d’orientation de la plateforme après sa décision de suspendre les actions contre le projet de révision de la Constitution à la suite de l’annonce d’un dialogue national inclusif par le Président de la République. Il l’a déclaré lundi lors d’un Space X animé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala.

Pour le président de l’Alliance des Congolais pour la refondation de la Nation (ACRN), la C64 s’est éloignée de sa mission initiale, qui consistait exclusivement à défendre l’ordre constitutionnel. Il affirme avoir tenté, en interne, de convaincre les autres membres de maintenir cette ligne avant de constater que leurs positions étaient devenues inconciliables.

« Nous défendons l’idée selon laquelle on ne va pas indéfiniment continuer de faire des dialogues avec des gens qui posent des actes en violation de la loi et de la Constitution. Je ne suis pas venu pour quémander le dialogue, mais je suis venu pour défendre l’ordre constitutionnel », a-t-il déclaré, justifiant son départ par le refus de ce qu’il qualifie de « compromission ».

Dans un message publié sur le réseau social X après avoir officialisé sa décision, Alain Bolodjwa a également défendu le rôle joué par son mouvement au sein de la coalition. Selon lui, leur participation visait avant tout à renforcer la crédibilité de la démarche engagée. « Nous avons accepté de nous asseoir à la même table que ceux dont le passé est déjà encombré de casseroles, non par faiblesse, mais pour donner une chance à une cause que nous estimions supérieure aux intérêts individuels. Ce simple geste a suffi à crédibiliser une démarche qui, sans notre présence, n’aurait peut-être jamais bénéficié de la même considération », a-t-il écrit.

L’opposant reproche en outre à la C64 de ne pas avoir respecté la stratégie arrêtée pour empêcher l’examen de la proposition de loi sur le référendum. Il estime que certaines décisions ont affaibli la mobilisation, notamment le choix d’une date de manifestation qu’il jugeait inadaptée au calendrier parlementaire.

« J’avais posé la question : pourquoi le 12 juin ? Ça représente quoi ? Les gens savaient pourtant que l’Assemblée nationale allait examiner la loi le 8. Cela a vidé, dans une certaine mesure, la substance de notre démarche », a-t-il soutenu.

Pour Alain Bolodjwa, l’acceptation du principe d’un dialogue risque désormais de légitimer le débat sur une éventuelle révision de la Constitution, alors que la coalition avait précisément été créée pour s’y opposer. Il évoque également plusieurs divergences internes et affirme ne plus retrouver les principes qui avaient motivé son engagement au sein de cette plateforme.

Dans le même message publié sur X, il assure toutefois rester fidèle à ses convictions malgré les critiques. « Mon plus fidèle allié n’est ni la puissance, ni l’argent, ni les alliances de circonstance. Mon plus grand allié, c’est le temps. Car le temps révèle les masques, éprouve les convictions, distingue les opportunistes des hommes de principe et finit toujours par rendre à chacun ce que méritent ses choix », a-t-il écrit.

Cette rupture intervient dans un contexte de repositionnement de la C64. En juillet dernier, la coalition avait reporté une marche prévue contre le projet de révision constitutionnelle afin de laisser une chance au dialogue national annoncé après les consultations menées par la CENCO et l’ECC. Après la décision de la Cour constitutionnelle déclarant conforme à la Constitution la loi sur les référendums, la plateforme a finalement fixé au 15 août un ultimatum pour l’organisation de ce dialogue national inclusif, tout en annonçant de nouvelles actions en cas d’absence d’évolution.

Par son départ, Alain Bolodjwa prend ainsi ses distances avec la nouvelle stratégie de la C64, tout en réaffirmant sa volonté de poursuivre son combat en faveur de la défense de l’ordre constitutionnel.

Charite-Dadie Zamba

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