La République démocratique du Congo a commémoré, ce dimanche 2 août, la Journée nationale dédiée aux victimes du Génocost. Organisée au mémorial de Tembe na Tembe, dans la commune de Lingwala à Kinshasa, la cérémonie s’est déroulée en présence du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, accompagné de la Première Dame, Denise Nyakeru Tshisekedi. Plusieurs membres du Gouvernement, conduits par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, ainsi que des responsables des institutions et de nombreuses personnalités y ont également pris part.
Cette journée de recueillement a rendu hommage aux millions de Congolais victimes des violences perpétrées depuis plus de trois décennies dans l’Est du pays. Elle a aussi mis en lumière les efforts engagés pour préserver la mémoire des victimes, accélérer les réparations et renforcer le plaidoyer en faveur de la reconnaissance internationale du Génocost.
Prenant la parole au cours de la cérémonie, le directeur général du Fonds national de réparation des victimes (FONAREV), Patrick Fara, a rappelé la portée symbolique du 2 août dans la mémoire collective congolaise. « Le 2 août est le jour où nous rendons hommage à celles et ceux qui ont perdu la vie. Le jour où nous entourons de notre reconnaissance les survivantes et les survivants qui portent encore dans leur chair et dans leur mémoire les blessures de ces crimes. Ce jour nous confie à tous une responsabilité : ne jamais les laisser sombrer une seconde fois dans l’oubli », a-t-il déclaré.
Au-delà du devoir de mémoire, la cérémonie a également permis de faire le point sur les initiatives entreprises pour porter la cause des victimes sur la scène internationale. Le coordonnateur de la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIAVAR), François Kakese, a présenté les avancées enregistrées dans le plaidoyer pour la reconnaissance mondiale des génocides commis en République démocratique du Congo. Selon lui, les réformes engagées, la consolidation du narratif national ainsi que les mécanismes de réparation connaissent une évolution progressive, tandis que la voix des victimes gagne en visibilité auprès des partenaires internationaux.
Les témoignages des survivants ont constitué l’un des moments les plus marquants de cette commémoration. Devant le Chef de l’État et les autorités présentes, plusieurs victimes ont raconté les violences subies pendant les conflits armés dans l’Est du pays. Le récit du jeune John ainsi que celui de Mme Kahambu, qui a perdu successivement ses parents puis son époux lors de l’occupation de Goma, ont suscité une vive émotion parmi les participants.
La cérémonie a également été ponctuée par des prestations d’artistes musiciens et de comédiens congolais, venues rendre hommage aux victimes et rappeler, à travers la culture, l’importance de préserver la mémoire des tragédies qui ont marqué le pays.
À travers le pays, cette journée a donné lieu à plusieurs appels en faveur de la paix et de la justice. Depuis Opala, dans la province de la Tshopo, l’administrateur du territoire, Médard Elonga, a présenté ses condoléances aux familles endeuillées avant d’inviter les Congolais à préserver l’unité nationale. « Mon souhait est que ces événements douloureux ne se répètent plus jamais dans notre République. Dieu nous a donné ce pays ; nous devons en être fiers et veiller à ce que personne ne vienne troubler notre paix », a-t-il déclaré.
Instituée pour honorer la mémoire des victimes des violences liées aux conflits armés et à l’exploitation illicite des ressources naturelles, la Journée nationale du Génocost se veut également un moment de réflexion sur la justice, les réparations et la lutte contre l’impunité. Cette édition 2026 s’inscrit dans la continuité des efforts des autorités congolaises visant à faire reconnaître, sur le plan international, les crimes commis contre les populations congolaises.
Charite-Dadie Zamba
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