Le gouvernement congolais assume pleinement la décision d’avoir enterré la baleine retrouvée morte sur le littoral de Moanda, dans la province du Kongo Central. Face aux critiques suscitées par cette opération, la ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du Climat, Marie Nyange Ndambo, a expliqué que cette option constituait la seule réponse conforme aux exigences sanitaires pour protéger les populations riveraines.
S’exprimant mardi lors d’un briefing presse, la ministre a rappelé que la République démocratique du Congo faisait face à une situation inédite avec l’échouage d’une baleine sur ses côtes et ne disposait ni des équipements spécialisés ni des infrastructures nécessaires pour conserver la carcasse ou procéder à d’autres opérations techniques.
« La seule solution durable et salubre, c’était l’enfouissement », a affirmé Marie Nyange Ndambo, soulignant que la décomposition très rapide du mammifère représentait un risque réel pour la santé des habitants de Moanda.
La ministre a expliqué que quelques heures seulement après la mort de l’animal, des odeurs nauséabondes se dégageaient déjà de la carcasse. Elle a également mis en garde contre les gaz toxiques produits lors de la décomposition d’une baleine, estimant qu’une mauvaise gestion des restes aurait pu exposer les communautés locales à de graves conséquences sanitaires.
« Nous ne pouvions pas prendre ce risque-là, surtout que nous n’avions pas le matériel pour agir directement sur l’animal et trouver d’autres solutions », a insisté la ministre.
Marie Nyange Ndambo a indiqué avoir personnellement supervisé toute l’opération d’enfouissement afin de s’assurer du respect des normes techniques. Selon elle, les dimensions et la profondeur de la fosse ont été définies pour éviter tout danger et empêcher que des riverains ne tentent de récupérer des morceaux de la carcasse.
« J’ai veillé moi-même à ce qu’après l’enfouissement, aucun Congolais ne puisse s’approcher pour aller découper des morceaux de la baleine », a-t-elle déclaré.
Répondant aux critiques, la ministre a défendu une décision guidée, selon elle, par l’intérêt général. Elle a estimé que le gouvernement avait choisi d’agir rapidement afin de prévenir tout risque sanitaire, dans un contexte où le pays reste confronté à d’autres défis de santé publique, notamment l’épidémie d’Ebola.
« Le gouvernement a pris la responsabilité d’agir pour préserver la santé de la population. Nous avons mis en avant l’intérêt général », a conclu Marie Nyange Ndambo.
Cécile Lowa
