La lutte contre l’épidémie d’Ebola franchit une nouvelle étape en Ituri. Les autorités sanitaires ont recensé 225 cas confirmés, un bilan que le gouvernement juge désormais plus proche de la réalité grâce au renforcement des capacités de diagnostic dans les laboratoires déployés sur le terrain.
En déplacement à Bunia vendredi soir, le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a indiqué que les données disponibles permettent aujourd’hui d’avoir une vision plus précise de l’évolution de l’épidémie.
« Nous comptons au total 225 cas confirmés d’Ebola, en attendant les résultats des analyses de cette nuit. Nous pouvons donc considérer ce chiffre comme une estimation assez précise du nombre actuel de cas », a déclaré le ministre lors d’un point de presse.
Selon lui, l’amélioration des moyens de dépistage a permis aux équipes médicales d’obtenir des statistiques plus fiables et de mieux orienter les interventions dans les zones affectées.
Au-delà du bilan sanitaire, Roger Kamba a mis en lumière plusieurs difficultés qui ralentissent les efforts de riposte. Après une rencontre avec les députés provinciaux, il a expliqué que certaines croyances continuent de compliquer l’identification rapide des malades et la prise en charge des cas suspects.
Le ministre a notamment révélé que plusieurs décès n’avaient pas été signalés immédiatement aux services de santé. Dans certaines communautés, des familles ont attribué ces morts à des actes d’empoisonnement plutôt qu’à la maladie.
« Cette perception a conduit plusieurs familles à privilégier des remèdes traditionnels contre un prétendu poison plutôt que de se rendre dans les structures sanitaires », a-t-il expliqué.
Le ministre de la Santé, Roger Kamba a également évoqué la méfiance observée autour des procédures d’inhumation mises en place depuis le début de l’épidémie. D’après lui, des rumeurs liées au cercueil utilisé lors des funérailles du premier patient décédé le 27 avril ont alimenté un climat de peur dans certaines localités.
Face à cette situation, le ministre a insisté sur l’importance de la collaboration entre les communautés et les équipes de riposte.
« Les autorités sanitaires ne peuvent intervenir efficacement que lorsque les cas suspects sont signalés à temps par les communautés concernées », a rappelé le patron de la Santé publique.
Les autorités poursuivent ainsi les opérations de surveillance, de sensibilisation et de suivi des contacts afin de limiter la propagation du virus dans les zones touchées.
Rédaction
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