vendredi, mai 29, 2026

Masisi : plus de 13 000 déplacés affluent vers Kibabi après la reprise des combats autour de Rubaya

La recrudescence des affrontements armés dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, provoque un déplacement massif de populations vers le secteur de Katoyi. Au total, 13 446 personnes, réparties en 2 241 ménages, ont quitté leurs villages pour se réfugier dans l’aire de santé de Kibabi, afin d’échapper aux violences qui secouent la zone depuis plusieurs jours.

D’après des sources concordantes sur place, des combats ont éclaté dans la nuit du 19 au 20 février 2026 et ont touché simultanément plusieurs localités, notamment Luke, Ngomashi et Bukumbirire, situées à proximité du site minier stratégique de Rubaya. L’intensité des affrontements autour de cette zone a accéléré les départs vers des espaces jugés plus sûrs.

Ainsi, de nombreuses familles ont gagné les aires de santé de Kibabi, Kachihembe, Nyambisi et Kinigi, proches de la cité minière. La majorité des déplacés proviennent de Luke, Katoboto, Kiruli, Bushiha, Katoyi, Mitimingi, Bukumbirire, Kaloba et Nkokwe, dans le secteur de Katoyi ainsi que dans certaines entités du groupement Mupfunyi Kibabi, en chefferie des Bahunde.

Entre le 19 et le 24 février 2026, ces ménages ont trouvé abri dans des familles d’accueil et dans des centres collectifs aménagés en urgence. Deux écoles, l’EP Kibabi et l’Institut Kibabi, hébergent actuellement une partie des sinistrés. Cependant, les conditions d’accueil restent extrêmement précaires, marquées par la promiscuité et l’insuffisance d’infrastructures adaptées.

Par ailleurs, la pression exercée sur la communauté hôte atteint un niveau critique. Les acteurs humanitaires estiment l’augmentation démographique à plus de 85 %, avec 2 241 ménages déplacés pour environ 2 608 ménages locaux. Cette situation fragilise davantage une population déjà exposée à de multiples vulnérabilités.

Dans l’aire de santé de Kibabi, la structure médicale fonctionne sans appui extérieur, ce qui limite fortement la prise en charge des malades. Les capacités sanitaires locales ne parviennent plus à répondre à l’ampleur des besoins, tant pour les déplacés que pour les résidents.

Les besoins identifiés couvrent plusieurs secteurs. Toutefois, l’assistance alimentaire apparaît prioritaire afin d’éviter une détérioration rapide de la situation nutritionnelle. En parallèle, les intervenants soulignent l’urgence d’un soutien sanitaire accru, notamment pour les femmes, les enfants et les personnes vulnérables. Les articles ménagers essentiels, tels que couvertures, ustensiles de cuisine et kits d’hygiène, figurent également parmi les urgences.

Face à cette crise humanitaire, les responsables locaux appellent les partenaires disposant de capacités d’intervention à réaliser des évaluations rapides et à déployer une réponse adaptée. Dans un territoire de Masisi régulièrement frappé par des cycles de violences, cet afflux massif rappelle l’urgence d’une mobilisation humanitaire renforcée afin de prévenir une aggravation de la situation.

Cecile Lowa

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