La polémique a rapidement pris une ampleur nationale et internationale. À la suite de déclarations controversées, l’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a suspendu son porte-parole, le général Sylvain Ekenge. Cette décision intervient dans un climat déjà marqué par de fortes tensions politiques et sécuritaires.
Des propos qui choquent l’opinion
En fin de semaine dernière, Sylvain Ekenge a tenu des propos assimilant certaines unions matrimoniales à des risques sécuritaires. Il a notamment mis en garde contre les mariages avec des femmes issues de la communauté tutsi, présentées comme des relais de renseignement au profit du Rwanda.
« Il faut être vigilant dans certains mariages, car ils peuvent servir de canaux de renseignement à l’ennemi », a-t-il déclaré publiquement. Ces paroles ont aussitôt suscité une vague d’indignation au sein de l’opinion congolaise.
L’armée tranche par une suspension
Face à la gravité de la controverse, la hiérarchie militaire a rapidement réagi. Le chef d’état-major général des FARDC, le général Jules Banza, a décidé de suspendre Sylvain Ekenge de ses fonctions.
Cette mesure vise à marquer une rupture claire avec des propos jugés contraires aux valeurs de l’institution militaire. En interne, des sources évoquent une volonté ferme de préserver la cohésion nationale. « Les FARDC ne peuvent être associées à des discours de stigmatisation », confie un officier.
Condamnation ferme de la Belgique
À l’international, la réaction n’a pas tardé. Le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a condamné avec force ces déclarations. Il s’est dit « extrêmement choqué » par les propos visant la communauté tutsi.
« C’est absolument indigne de la part d’un représentant officiel. Tout discours de haine doit être rejeté en toutes circonstances », a-t-il écrit. Selon lui, « la concorde nationale ne peut se construire que dans un esprit d’inclusion de toutes les communautés ».
Vives réactions politiques à Kinshasa
Sur le plan interne, l’opposition est également montée au créneau. Néhémie Mwilanya, ancien directeur de cabinet du président honoraire Joseph Kabila, a dénoncé ce qu’il qualifie d’« appel à la haine ethnique ».
« Lorsqu’un haut responsable militaire s’exprime ainsi, cela engage la responsabilité du gouvernement », a-t-il estimé, pointant la portée politique de ces propos.
Un signal disciplinaire dans un contexte tendu
La suspension de Sylvain Ekenge apparaît comme une tentative d’apaisement. Elle vise aussi à limiter les répercussions diplomatiques et institutionnelles de cette affaire.
Dans un contexte de conflit armé persistant, plusieurs observateurs estiment que « la cohésion nationale reste un impératif absolu ». L’évolution de ce dossier reste suivie de près, tant par l’opinion publique que par les partenaires internationaux de la RDC.
Charité-Dadie Zamba
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