jeudi, mai 14, 2026

Kasaï Central : les résultats des Examens d’État 2024-2025 dévoilés à Kananga

À Kananga, la soirée du lundi 25 août 2025 a été marquée par une forte attente. Élèves finalistes, parents et encadreurs pédagogiques ont vécu des heures de tension. En effet, les résultats des Examens d’État 2024-2025 ont été publiés vers 20h30, mettant fin à plusieurs semaines d’impatience.

Dans différents quartiers, des foules se sont rassemblées aux abords des points de vente de crédits et dans certains établissements. Armés de téléphones, les finalistes cherchaient fébrilement leurs matricules pour découvrir leur sort.

Joie et désarroi contrastés

La nuit a réservé deux visages. Pour certains, elle a été marquée par des cris de joie, des accolades et des chants. Pour d’autres, elle s’est terminée dans les larmes, le silence et la désillusion. Les élèves des options techniques ont particulièrement ressenti ce revers.

« J’ai échoué pour la deuxième fois… Je ne comprends pas. J’ai travaillé dur, mais ce n’était pas suffisant », confie, la voix tremblante, Mbuyi Shérif, élève en électricité générale. À ses côtés, son camarade Henock Ntumba, en mécanique générale, refuse d’accepter son échec en fixant son écran.

Les options techniques lourdement frappées

Les premières tendances sont préoccupantes. Les taux d’échec sont plus élevés dans les filières techniques que dans les options littéraires ou pédagogiques. Électrotechnique, mécanique, construction, coupe et couture : de nombreux finalistes n’ont pas atteint la moyenne requise pour obtenir le diplôme d’État.

Plusieurs causes sont évoquées. Manque d’équipements adéquats, encadrement insuffisant, faiblesse dans les matières de spécialité ou encore mauvaise adaptation méthodologique. Ces lacunes fragilisent un enseignement pourtant essentiel pour le développement industriel.

Des appels urgents à la réforme

Face à cette situation, enseignants et encadreurs appellent à des réformes profondes.
Selon Stéphane Ilunga, enseignant à Kananga, les filières techniques nécessitent un accompagnement accru. Il plaide pour :
• la modernisation des équipements,
• des stages obligatoires en entreprise,
• un recyclage pédagogique des enseignants.

« Ces mesures sont indispensables si nous voulons former des techniciens compétents », insiste-t-il.

Quel avenir pour la jeunesse technique ?

Dans un contexte où le chômage des jeunes reste un fléau, l’échec massif inquiète. En effet, le pays a besoin de main-d’œuvre qualifiée pour soutenir l’entrepreneuriat et la relance industrielle. Cet échec répété pourrait compromettre la production de futurs techniciens compétents.

Cependant, des encadreurs invitent les élèves recalés à persévérer. « L’échec ne définit pas la valeur d’un jeune. Il peut devenir un tremplin vers la réussite », a rappelé Clémence Mputu, préfète d’un institut technique féminin.

Une alerte pour l’avenir

La publication des résultats soulève donc une double lecture. D’un côté, la joie de ceux qui ont réussi. De l’autre, l’amertume d’une jeunesse technique fragilisée. Ce constat appelle une prise de conscience. Les autorités éducatives doivent en tirer toutes les conséquences afin de préparer efficacement l’année scolaire 2025-2026.

Thomas Mukonga Tshilumba, depuis Kananga

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