La salle d’audience de la Haute Cour militaire a résonné jeudi 21 d’accusations lourdes contre Joseph Kabila. Pour les avocats des parties civiles, l’ancien président doit être condamné comme un « espion » et non comme un Congolais.
Me Jean-Marie Kabengela n’a pas mâché ses mots. « Nous avons tous suivi la déclaration de Ngoy Mukena, qui a expliqué sa mission de fabriquer la fausse identité de Kabila », a-t-il rappelé.
Et de conclure : « Contrairement au ministère public, Kabila ne mérite pas d’être jugé comme Congolais, il mérite d’être jugé comme espion. Son vrai nom, c’est Kanambe. »
Le ton est resté tranchant. Me Samuel Dimwene a peint un portrait brutal de l’ancien président. « Il tue comme il respire », a-t-il lancé, citant des rapports d’ONG qui font état de 8 000 morts. Selon lui, Kabila aurait même voulu « _assassiner Félix Tshiseked_i » pour reprendre le pouvoir dans un climat de chaos.

L’avocat a insisté sur l’intention de nuire. « Il a l’intention de détruire le peuple », a-t-il poursuivi. Puis il a appelé la Haute Cour à frapper fort : « Vous allez le condamner avec arrestation immédiate, et cet arrêt servira de message à tous les seigneurs de guerre. »
Dans le même élan, la partie civile a réclamé la saisie des biens de Joseph Kabila. « La confiscation consiste en une peine et en même temps une mesure de sécurité publique », a plaidé Me Kabengela. Selon lui, ces biens devraient servir à indemniser les victimes et renforcer la justice.
Les avocats ont dressé un tableau sombre des préjudices. « La République démocratique du Congo a perdu l’usage de deux aéroports. Beaucoup d’enfants ont été privés d’éducation à cause de l’occupation des rebelles AFC-M23. Beaucoup de compatriotes ont été tués, nos sœurs, nos femmes, nos mamans », a encore relevé Me Kabengela.
Ainsi, l’audience s’est transformée en un procès politique et moral. Entre accusations d’espionnage, de massacres et de destruction du pays, les plaidoiries des parties civiles veulent marquer l’histoire et sceller le sort de Joseph Kabila.
Cecile Lowa
Dans la même catégorie:
Reprise du procès Kabila : entre accusations de trahison et vives contestations politiques
