Les premières questions essentielles méritent d’être posées. Pourquoi Donald Trump n’a-t-il pas attendu les résultats des discussions de Doha entre la RDC et l’AFC-M23 ? Pourquoi cette précipitation ? Cet accord est-il équitable, juste et équilibré ? Tout porte à croire qu’il a été élaboré en l’absence de la délégation congolaise, qui ne l’a même pas lu, puis imposé à la RDC pour signature.
J’énumère point par point comment nous sommes perdants, pendant que le Rwanda et les USA raflent tous les bénéfices. C’est ce que presque tout le monde a compris, pour ceux qui ont suivi de près les pourparlers de Washington.
La sécurité transfrontalière, un retour aux vieilles pratiques
Du contenu réel de cet accord, nous pouvons conclure que la sécurité transfrontalière revient aux anciennes méthodes : opérations conjointes comme Kimya 1, Kimya 2, Amani Leo, prétendument pour traquer des FDLR qui n’existent plus.
Revoir encore les jeeps des RDF tourner à Bukavu et Goma, c’est cela la sécurité de l’Est : pendant ce temps, les minerais traversent vers le Rwanda pour être raffinés et vendus, comme si rien ne s’était passé. C’est cette logique qui a coûté la vie à des milliers, voire des millions de Congolais.
Une exploitation commune qui masque le pillage
L’exploitation commune des minerais congolais est déguisée en « intégration économique régionale ». En réalité, il s’agit d’un crime qui encourage l’affairisme rwandais.
Les forces conjointes créées pour traquer les groupes armés visent à briser la résistance congolaise, celle qui a empêché l’avancée des RDF. Pourtant, aucune de ces forces n’a jamais attaqué le Rwanda ni causé de tort aux Américains. Le gouvernement congolais se transforme en supplétif du Rwanda, en police privée au détriment de son peuple.
La réintégration asymétrique des forces négatives
Autre point troublant , la réintégration des forces négatives. La RDC accepte de le faire avec les CODECO, le Wazalendo, l’ARC, les Ngumuno, le Twirwaneho. En revanche, le Rwanda refuse d’intégrer ses propres rebelles FDLR et ex-FAR.
Concernant le rapatriement des réfugiés dits congolais du Rwanda, ce sont en réalité des citoyens rwandais dont les terres ont été expropriées. Ils seront envoyés de force vers l’Est de la RDC, où ils n’auront toujours aucun espace habitable. Thérèse Kaikwamba n’a pas la connaissance historique de la région pour engager le pays sur ce dossier.
L’absence totale de justice pour les victimes
Rien n’est prévu pour les millions de Congolais massacrés par les RDF et le M23. Aucun mécanisme de justice transitionnelle, aucune réparation.
Les rapports d’ONG indépendantes ont pourtant identifié les auteurs et dressé un bilan macabre. Comment peut-on signer un accord qui ignore délibérément ces crimes ? La RDC a craché sur la mémoire de ses propres soldats en garantissant l’impunité à l’agresseur.
La perte de légitimité et de souveraineté
En signant cet accord, la RDC perd sa légitimité et sa souveraineté sur l’Est. Désormais, aucun dirigeant congolais ne pourra prendre une décision unilatérale sans consulter Kigali.
Sur le plan économique, les États-Unis obtiennent la liberté de prélever les minerais via le Rwanda, dans une logique de blanchiment. Ce qui hier était un crime devient aujourd’hui une opération légale.
Les minerais seront pris par le Rwanda, raffinés et vendus aux Américains. Comme l’a dit Herman Cohen, les Congolais ne toucheront que des taxes d’exportation. C’est une balkanisation déguisée, dont les conséquences pèseront sur les générations futures.
Qui contrôle réellement l’Est ?
Aucune clause ne prévoit le retrait des troupes rwandaises. Les militaires congolais ne pourront pas franchir les lignes de confrontation.
Comment comprendre qu’un gouvernement légitime signe un accord de paix avec un partenaire qu’il ne reconnaît même pas comme belligérant ? L’AFC/M23 continue d’attaquer la population, alors même que l’Est est placé sous tutelle conjointe Rwanda-USA-RDC.
La question demeure : qui contrôle réellement Goma, Bukavu et leurs environs ? Si l’accord prévoit la poursuite des négociations avec le M23, pourquoi imposer l’usage de la force contre les FDLR ? Peut-on vraiment parler de paix si rien ne change ?
J’en appelle à la prise de conscience de toute la jeunesse congolaise. Il est temps de refuser ce marché de la honte et de défendre notre dignité nationale.
Serge MANYA
Le Dissident
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Est-ce-que ce Mosieur peut nous dire le nombre des promesses qu’il nous a déjà faites sans suite!!!!