jeudi, mai 14, 2026

Grand Bandundu : un forum contre l’insécurité annoncé, Garry Sakata met en garde contre un troisième échec

Face à l’activisme persistant de la milice Mobondo, des forums seront organisés dans les deux prochains mois à travers les provinces du Kwango, du Kwilu et du Maï-Ndombe. C’est l’annonce faite en début de la semaine dernière par le vice-Premier ministre de l’Intérieur et Sécurité lors de son passage à Kenge, chef-lieu du Kwango. L’objectif est d’impliquer les communautés locales dans la construction d’une paix durable dans la région.

Trois ans après les premières violences de Kwamouth, le conflit n’a toujours pas été maîtrisé. Et les initiatives engagées jusque-là n’ont pas réussi à endiguer la crise.

C’est justement ce qui inquiète le député national Garry Sakata, élu de Bagata.

“Il faut analyser les causes des deux échecs précédents”

Pour l’élu du Kwilu, il ne suffit pas de réunir les communautés autour de la table. Encore faut-il éviter de répéter les erreurs qui ont plombé les deux précédents processus en 2024.

« Il y a eu l’initiative de négociation uniquement avec les bourreaux ; en deuxième lieu, avec des chefs coutumiers qui, d’après moi, n’avaient aucune envergure ; enfin, la nomination comme médiateur d’un ressortissant d’une des parties en conflit. Ce sont là les causes de l’échec », déclare-t-il.

S’il salue la démarche annoncée par la Vice-Primature, Garry Sakata insiste sur la nécessité d’un travail de fond avant l’organisation de ces assises.

Un appel à la justice, à l’inclusivité et à la réparation

« L’on doit d’abord identifier les vraies causes du conflit, impliquer les vrais leaders locaux de toutes les communautés concernées. Le processus doit être le plus inclusif possible et le plus transparent. On doit clairement envisager des sanctions contre les auteurs des actes affreux par des procès publics pour que cela ne se répète jamais. Les déplacés doivent avoir les assurances d’être rétablis dans leurs droits, indemnisés par l’État, mais également de regagner leurs villages respectifs », préconise le député de Bagata.

Ses propos tranchent avec l’optimisme affiché par certains acteurs gouvernementaux, alors que la milice continue d’opérer dans plusieurs zones, du Grand Bandundu jusqu’au Kongo Central et à la périphérie de Kinshasa.

Trois ans de violences, et une paix toujours introuvable

Le conflit Mobondo, déclenché à Kwamouth en juin 2022, a affecté des territoires entiers dans les provinces du Kwilu, du Kwango, du Maï-Ndombe, jusqu’à Kimvula et Maluku. Deux grandes tentatives de médiation ont échoué à stabiliser la situation.

En avril 2024, un acte d’engagement a été signé entre représentants Teke et Yaka, devant le chef de l’État. Mais les violences avaient repris le même jour, à Engweme.
En septembre, une retraite à Kinshasa a produit des résolutions ambitieuses, incluant le déploiement sécuritaire, des procès, des exonérations fiscales et la reconnaissance des chefs coutumiers. Pourtant, peu d’effets concrets sont visibles sur le terrain.

Le temps presse. Et pour Garry Sakata, le Grand Bandundu ne peut plus se permettre un nouvel échec.

Correspondance

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