Le projet de circulation alternée, fondé sur la parité des plaques d’immatriculation, a été confirmé par le cabinet du gouverneur Daniel Bumba. Authentique, mais encore en cours de finalisation, ce texte sera officiellement publié ce lundi 19 mai. Objectif affiché : désengorger les grandes artères de la capitale.
Mais sur le terrain, la mesure passe mal. Les Kinois dénoncent une décision déconnectée des réalités.

Pour eux, le vrai problème n’est pas le nombre de véhicules, mais l’état des routes. Dans plusieurs communes, les chaussées sont défoncées, les voies secondaires inexistantes, et la circulation repose sur un seul axe routier, souvent saturé. Résultat; les embouteillages persistent, quelle que soit la plaque.
La colère monte contre le gouverneur. En campagne, Daniel Bumba promettait de construire plusieurs kilomètres de routes par an pour fluidifier la circulation.

Aujourd’hui, il est accusé de fuir ses responsabilités en transférant la charge sur les automobilistes. « Ce n’est pas aux citoyens de compenser l’échec du pouvoir à entretenir les routes », lâche un habitant de la Tshangu.
Cette décision, présentée comme un plan d’urgence, est perçue par beaucoup comme une fuite en avant. Kinshasa ne manque pas de plaques, elle manque cruellement de routes. Et sur ce point, aucune alternance ne pourra faire passer la pilule.
Rédaction
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