Elle parle avec calme, mais sa voix porte le poids de toute une profession en alerte. Entre vocation, pression quotidienne et quête de reconnaissance, Elysée Kuedi Mutshima, présidente de la Corporation des infirmiers du Kasaï Central, dresse un état des lieux sans détour. En cette journée qui leur est dédiée, elle rappelle que les infirmiers ne demandent pas des fleurs, mais de meilleures conditions, de l’écoute et un vrai dialogue sur leur rôle dans le système de santé.
Vous êtes la présidente de la corporation des infirmières au Kasaï, comment vivez-vous cette journée cette année ?
C’est une journée mondiale, et le Kasaï Central y prend part. Mais avec les conflits à l’Est, nous ne pouvions pas célébrer dans la joie comme d’habitude. Nos confrères souffrent, nos populations aussi. On ne pouvait pas défiler, mais on ne pouvait pas non plus laisser cette journée passer inaperçue.

Comment l’avez-vous organisée ?
Nous avons opté pour des journées de réflexion sur notre profession. L’objectif est d’améliorer la qualité de nos prestations. C’est un moment pour réveiller la conscience de chaque infirmier.
Quel est le thème retenu ?
Le thème international est : « Prendre soin des infirmiers pour une économie forte. »
En RDC, le thème porte sur la santé mentale dans les soins infirmiers. Un sujet essentiel pour nous, vu les conditions dans lesquelles nous travaillons.

Quels sujets avez-vous abordés ?
Nous avons parlé de l’ordre des infirmiers en RDC, de la qualité des soins, de la communication dans les milieux hospitaliers, et surtout de la santé mentale des soignants.
D’autres activités ont-elles été menées ?
Oui. Nous avons sensibilisé dans les écoles sur les violences basées sur le genre et présenté notre profession. Dans les marchés, nous avons parlé de l’hypertension et proposé des dépistages. Il y a eu un vrai engouement. Nous allons continuer dans les jours à venir.

Un message pour les infirmiers ?
C’est leur journée. Nous les appelons à y participer pleinement. Nous avons aussi rencontré les autorités pour échanger sur nos conditions de travail et l’image que nous renvoyons. Enfin, nous irons dans les écoles de formation pour parler aux futurs infirmiers.
Propos recueillis par notre correspondant à Kananga.
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