vendredi, mai 29, 2026

Kinshasa accuse Kigali de vouloir renverser le pouvoir : la ministre des Affaires étrangères charge le régime rwandais à l’ONU

Alors que les terroristes du M23, soutenus par Kigali, poursuivent leur offensive meurtrière dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) et après la prise de Bukavu, capitale du Sud-Kivu, Kinshasa hausse le ton face à l’inaction de la communauté internationale.

Lors d’une session du Conseil de sécurité des Nations Unies, mercredi à New York, consacrée à la situation sécuritaire en RDC, la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a frontalement accusé le Rwanda de vouloir imposer un changement de régime à Kinshasa à travers le M23 et l’AFC.

‘´Ce Conseil toujours inactif ´´

Dans une intervention sans détour, la cheffe de la diplomatie congolaise a dénoncé l’inaction du Conseil de sécurité face à l’expansion des violences.

« _Ce Conseil, toujours inactif, est le seul capable d’empêcher de nouveaux massacres et l’expansion de l’occupation_ », a-t-elle déclaré.

Selon elle, ce conflit dépasse la seule question des violences militaires, des pillages et des déplacements forcés. Il s’agit d’un projet politique orchestré depuis Kigali pour déstabiliser la RDC et imposer un régime par la force.

La ministre a insisté sur la légitimité du gouvernement congolais face aux ambitions du M23, dirigé par Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

« _Nous avons choisi la liberté sous un régime civil et non la soumission aux armes_ », a-t-elle martelé, fustigeant un pouvoir rwandais qui, selon elle, s’accroche à la tête du pays par l’intimidation et la répression.

“Les armes ne remplaceront jamais les urnes”

Thérèse Kayikwamba Wagner a également souligné que cette guerre n’est pas qu’une lutte pour un territoire, mais une attaque contre le choix souverain du peuple congolais.

« _Le M23 et ses soutiens rwandais cherchent à imposer par les armes ceux que les urnes ont rejetés, mais le peuple congolais dit non_ », a-t-elle affirmé.

Elle a mis en avant la jeunesse congolaise, majoritairement âgée de moins de 25 ans, qui refuse toute prise de pouvoir par la violence et aspire à choisir ses dirigeants démocratiquement.

Une situation sécuritaire qui s’aggrave

Malgré les appels répétés de la communauté internationale et des organisations régionales, la rébellion du M23 poursuit son avancée dans le Sud-Kivu, aggravant la crise humanitaire et sécuritaire. Les résolutions issues du sommet conjoint SADC-EAC tardent à être mises en application, plusieurs semaines après la rencontre de Dar-es-Salaam.

Parallèlement, les églises catholique et protestante tentent d’amorcer une médiation à travers un plan de sortie de crise. Une initiative qui, cependant, divise au sein de la classe politique congolaise.

Rédaction

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