Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a été entendu mardi 5 mai par les sénateurs au Palais du Peuple, à Kinshasa, dans le cadre d’une question d’actualité sur l’encadrement des associations confessionnelles en République démocratique du Congo.
Le sénateur Clément Muya Muboyayi a interrogé le ministre sur la régulation des structures religieuses face à la multiplication des organisations confessionnelles à travers le pays.
Devant la plénière, Guillaume Ngefa a déclaré que près de 19 000 associations confessionnelles disposent d’une reconnaissance officielle en RDC. Il a également précisé que plus de 30 000 dossiers restent en cours de traitement administratif.
Selon les sénateurs, cette situation soulève des préoccupations liées à l’identification des responsables religieux et au contrôle des activités exercées sur le territoire national. Ils ont estimé que la lenteur administrative peut favoriser des abus et nécessite un encadrement renforcé.
Le ministre de la Justice a affirmé que la loi congolaise n’impose pas de permis de culte. Il a expliqué que seule l’obtention de la personnalité juridique constitue l’exigence légale pour les organisations religieuses. Il a rappelé que la liberté religieuse demeure un droit constitutionnel limité uniquement en cas de menace à l’ordre public.
Guillaume Ngefa est également revenu sur la circulaire signée en juillet 2024 par son prédécesseur, Constant Mutamba, qui avait instauré un permis d’exercice du culte. Il a estimé que cette mesure avait créé une confusion entre reconnaissance administrative et exercice d’une liberté fondamentale, justifiant ainsi sa suppression.
Au cours des échanges, plusieurs sénateurs ont appelé à un équilibre entre le renforcement du contrôle du secteur religieux et le respect des libertés publiques.
Cécile Lowa
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