Les députés nationaux examinent ce mercredi 29 avril, au Palais du Peuple à Kinshasa, une motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, accusé de graves manquements dans la gestion institutionnelle et sécuritaire du pays.
Initiée par le député national Laddy Yangotikala, la motion reproche au ministre cinq dérives majeures. Les élus dénoncent d’abord une remise en cause de la libre administration des provinces et des entités territoriales décentralisées. Ensuite, ils accusent le VPM de freiner le contrôle parlementaire et d’affaiblir l’obligation de redevabilité des gouvernements provinciaux.
Les signataires évoquent également des ingérences répétées de l’exécutif dans les sphères législatives et judiciaires, qu’ils considèrent comme une violation du principe de séparation des pouvoirs. Ils pointent en outre un usage abusif de l’autorité publique ainsi qu’une manipulation présumée de certaines procédures administratives à des fins politiques.
Sur le terrain sécuritaire, les députés estiment que Jacquemain Shabani n’a pas réussi à contenir la dégradation de la situation sécuritaire, notamment dans plusieurs zones urbaines et rurales, y compris à Kinshasa. Selon les auteurs de la motion, l’autorité de l’État demeure fragilisée malgré les responsabilités confiées au ministère de l’Intérieur.
Pendant ce temps, la tension monte à l’Assemblée nationale. Les députés prennent déjà place dans la salle des Congrès du Palais du Peuple où les isoloirs ont été installés afin de garantir un vote à bulletin secret. « Nous sommes déjà là, en grand nombre, pour jouer notre rôle de contrôle du gouvernement. Nous attendons que le VPM présente ses moyens de défense afin de décider en toute indépendance », a déclaré un député présent dans l’hémicycle.
Prévue à 14 heures, l’ouverture officielle de la séance par le Bureau de l’Assemblée nationale se fait encore attendre. Autour du Palais du Peuple, la Police nationale congolaise renforce son dispositif sécuritaire pour prévenir tout débordement.
Le vote attendu pourrait sceller l’avenir politique du Vice-Premier ministre. Si la motion obtient la majorité requise, Jacquemain Shabani Lukoo devra quitter ses fonctions, marquant ainsi un nouvel épisode de tension entre le gouvernement et le Parlement dans un contexte politique déjà sensible.
Charite-Dadie Zamba
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