jeudi, mai 28, 2026

Sénat : une pétition contre Modeste Bahati Lukwebo dépasse 37 signatures après ses propos sur la révision de la Constitution

Une pétition visant le départ du deuxième vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, du bureau de la chambre haute du Parlement continue de prendre de l’ampleur. Selon son initiateur, le sénateur Dany Kabongo, le document a déjà recueilli plus de 37 signatures parmi les membres du Sénat.

À l’origine de cette initiative, des déclarations du leader du regroupement politique AFDC-A, jugées par certains sénateurs « incorrectes » et « irrespectueuses » envers le président de la République, Félix Tshisekedi. Ces propos ont été tenus dans le contexte du débat sur la révision ou le changement de la Constitution.

Une démarche qui se poursuit au Sénat

Contacté par le média Actualite.cd ce lundi, le sénateur Dany Kabongo a indiqué que la collecte des signatures se poursuit et qu’une communication officielle pourrait intervenir prochainement.

« Les choses sont en train d’évoluer. Nous allons probablement organiser un point de presse pour vous informer davantage. Mais nous sommes déjà au-delà de trente-sept signatures », a-t-il déclaré.

L’élu de Lubumbashi reproche notamment à Modeste Bahati Lukwebo d’avoir exprimé publiquement sa position sans, selon lui, se référer au chef de l’État, considéré comme autorité morale de l’Union sacrée de la nation.

Des propos jugés déplacés par certains sénateurs

Pour les initiateurs de la pétition, la position exprimée par le deuxième vice-président du Sénat pose problème en raison de ses responsabilités institutionnelles et politiques.

« En tant que membre du présidium de l’Union sacrée et occupant un poste important au sein du Sénat, troisième institution de la République, ses propos ont été perçus comme incorrects. Il s’agit d’un manque de respect envers l’autorité morale, qui est l’initiateur de l’Union sacrée. Avant de faire une telle déclaration, il aurait dû se référer au président de la République », a expliqué le sénateur Dany Kabongo.

Une prise de position qui divise la majorité

Lors d’une conférence de presse organisée la semaine dernière, Modeste Bahati Lukwebo avait clairement exprimé son opposition à toute initiative visant à modifier la Constitution.

Selon lui, le texte fondamental du pays ne constitue pas un obstacle au développement. Il avait plutôt estimé que les difficultés du pays relèvent davantage de la manière dont les responsables politiques appliquent les lois existantes.

Il avait ainsi qualifié le débat sur la révision constitutionnelle de « faux problème », invitant les dirigeants à se concentrer sur les attentes de la population.

Réactions au sein de la majorité présidentielle

Cette sortie médiatique a rapidement suscité des réactions au sein de la classe politique proche du pouvoir à Kinshasa. Plusieurs figures de la majorité, dont Augustin Kabuya, Didier Budimbu et Christophe Mboso, ont réaffirmé leur soutien à l’idée d’une révision de la Constitution.

Pour ces responsables politiques, le changement du texte fondamental demeure une option envisagée par les autorités afin d’adapter certaines dispositions aux réalités actuelles du pays.

Charite- Dadie Zamba

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