Les chiffres ne mentent jamais!
Au 10 novembre 2025, le zinc congolais a perdu 1,37 % sur les marchés internationaux, passant de 3 229,60 USD à 3 185,30 USD la tonne. Le cobalt a reculé de 1,25 %, tandis que le niobium et l’aluminium ont connu de légères baisses de 0,07 % et 0,15 % respectivement. Seul l’étain s’en sort avec une hausse timide de 2,20 %, atteignant 36 204 USD la tonne.
Ces chiffres, pourtant techniques, révèlent bien plus qu’une variation de prix. Ils traduisent le paradoxe d’un pays immensément riche en ressources, mais toujours vulnérable face aux secousses du marché mondial.

La République démocratique du Congo demeure l’un des principaux exportateurs africains de minerais stratégiques, essentiels à la transition énergétique mondiale. Pourtant, la valeur ajoutée de cette richesse échappe encore au pays. Chaque baisse fragilise le trésor public, réduit les recettes minières et pèse sur les programmes sociaux.
Ces fluctuations devraient inciter le gouvernement à repenser son modèle d’exportation et à privilégier la transformation locale. Un zinc traité sur place ou un cobalt raffiné localement génèrent jusqu’à dix fois plus de revenus qu’une simple exportation brute.
Cette dépendance aux cours mondiaux rappelle aussi l’urgence de diversifier l’économie. L’agriculture, l’industrie et les services doivent devenir des piliers capables d’amortir les chocs du marché minier.
La chute du zinc, du cobalt ou de l’aluminium ne doit donc pas être vue comme une simple alerte économique, mais comme un signal stratégique. La RDC doit investir dans l’intelligence économique, renforcer ses partenariats équitables et replacer la valeur congolaise au cœur de la chaîne mondiale de production.
Les ressources du sous-sol ne sont pas éternelles. Mais la capacité d’un peuple à transformer sa richesse en développement durable, elle, peut l’être.
Par Charité-Dadie Zamba
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