jeudi, mai 14, 2026

Kananga : bras de fer entre écoles, couturiers et revendeurs sur les uniformes scolaires

À une semaine de la rentrée scolaire, l’effervescence tarde à se faire sentir à Kananga. Dans les marchés publics et les ateliers de couture, l’ambiance reste étonnamment calme. Lors d’une ronde effectuée ce lundi 25 août 2025, notre reporter a constaté des boutiques et des ateliers presque vides.

Au marché Kamayi, Hélène Kapinga, 22 ans, s’active derrière sa machine Singer. Elle confectionne des uniformes mais constate la baisse de fréquentation. « Tout le monde s’est lancé dans ce travail, du coup les clients se font rares », confie la jeune couturière, encore nouvelle dans le métier appris à l’école.

En parallèle, de nombreuses écoles privées proposent elles-mêmes les uniformes, journaux de classe, pull-overs et autres fournitures. Cette pratique fragilise les couturiers et les revendeurs, mais certains artisans y trouvent un compromis.

C’est le cas de Bertine Mbuyi, 33 ans, qui collabore avec un promoteur. « Nous avons reçu une commande d’un directeur pour fabriquer des uniformes. Lui les revend aux parents et nous paiera après », explique-t-il, entouré de deux élèves venues récupérer leurs tenues.

Pour beaucoup d’artisans, cette situation ressemble à une concurrence déloyale. Pourtant, Bertine reste confiant : « Les parents viendront acheter même après la rentrée. En septembre, le marché sera bondé. En deux ou trois jours, tout sera écoulé », assure-t-il.

Sur son étalage en plein soleil, Kalala Franck, vendeur de fournitures scolaires, partage la même conviction. « Les écoles vendent, oui, mais leurs stocks ne suffisent jamais. Elles viennent compléter ici au marché. C’est mon travail, j’ai la foi que les clients viendront même après la rentrée », explique-t-il avec optimisme.

Pour plusieurs familles, le retard dans les préparatifs s’explique surtout par les difficultés économiques. André Ilunga, maçon et père de huit enfants rencontré dans la commune de Katoka, témoigne : « Avec la situation actuelle, il est difficile de réunir tout l’argent à temps pour préparer la rentrée. »

Thomas Mukonga, depuis Kongo Central

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