Face à l’agression rwandaise et à l’indifférence de nombreux pays africains, le chef de l’État congolais affirme que l’Afrique ne peut se faire respecter sans courage politique ni respect des engagements communs.
Un constat amer sur l’unité africaine
Dans une entrevue avec la journaliste Hariana Verás Victoria, correspondante permanente à la Maison Blanche pour l’Afrique, Félix Tshisekedi ne mâche plus ses mots. Alors que la RDC subit depuis des années les incursions meurtrières de groupes armés soutenus par le Rwanda, il l’affirme sans détour :
« Peut-être étais-je naïf de croire en l’unité africaine. Mais cette crise m’a permis de comprendre qu’elle n’est pas réelle. Nous en parlons, mais nous ne la pratiquons pas. »
Cette déclaration fracassante illustre le désenchantement d’un État qui, malgré des millions de morts et des richesses pillées, se heurte à l’hypocrisie et à l’inaction de ses voisins.
La RDC isolée face à l’agression rwandaise
Le Rwanda accusé de déstabiliser l’Est du Congo
Depuis plusieurs années, Kinshasa accuse Kigali d’armer et de financer les rebelles du M23, responsables de massacres et de déplacements massifs de populations civiles dans l’Est de la RDC.
Le président congolais rappelle qu’il détient des preuves irréfutables de cette agression :
« Nous avons été victimes d’une attaque caractérisée, mais je n’ai pas vu beaucoup de pays africains se lever publiquement pour dénoncer cette injustice. »
Seuls quelques États ont osé apporter un soutien clair à la RDC notamment l’Afrique du Sud, la Tanzanie, le Malawi, le Burundi, le Kenya et l’Ouganda. Le reste du continent est resté silencieux.
Quand l’union africaine se heurte aux intérêts miniers
Des richesses qui attisent les convoitises
Pour Tshisekedi, l’enjeu réel est simplement la course effrénée aux minerais stratégiques congolais.
« Comment peut-on parler d’unité quand un pays provoque des millions de morts pour piller nos minerais ? »

Cette réalité implacable remet en cause l’idée même d’une solidarité continentale. Le chef de l’État déplore qu’au nom des intérêts économiques, certains préfèrent fermer les yeux.
Repenser la souveraineté congolaise
Des réformes pour renforcer la résilience
Malgré cet isolement diplomatique, Tshisekedi insiste que la RDC se prépare à se redresser.
Sous sa présidence, le budget national a triplé grâce à de nouvelles mesures fiscales et à la lutte contre la corruption. Il a également entrepris une renégociation des contrats miniers jugés léonins, notamment avec la Chine.
La stratégie est claire récupérer la maîtrise des ressources naturelles, industrialiser leur transformation localement et améliorer les conditions de vie des Congolais.
La paix comme condition de la renaissance
Sécuriser l’Est pour attirer les investissements
Si la RDC veut se développer, elle doit d’abord pacifier ses provinces meurtries. Tshisekedi le reconnaît.
« Nous avons échoué à protéger Goma et Bukavu. Mais avec des réformes et des partenariats stratégiques, notamment avec les États-Unis, nous renforcerons notre armée et notre renseignement. »
Le récent accord économique avec Washington ouvre des perspectives nouvelles pour extraire, transformer et valoriser les minerais sur place.
Un appel au respect des engagements africains
En conclusion, le président Félix Tshisekedi appelle ses homologues à dépasser les discours convenus .
« L’Afrique ne sera respectée que si nous respectons nos propres principes. L’unité commence par la non-agression et par le courage politique. »
Cet appel résonne comme un avertissement et une main tendue , l’heure n’est plus aux slogans creux, mais aux actes concrets.
Charité-Dadie Zamba
