Dans la ville de Kananga, chef-lieu du Kasaï Central, la consommation de viande de chien appelée localement Tshibelabela connaît un engouement grandissant, notamment chez les jeunes et adultes. Longtemps perçue comme une spécialité marginale, cette viande s’impose désormais dans plusieurs quartiers, en particulier dans les coins chauds de la commune de Ndesha, où elle est vendue à ciel ouvert.
Préparée en sauce tomate pimentée, découpée en petits morceaux, chaque portion est vendue à 500 francs congolais, a constaté notre reporter sur place, ce mercredi 26 juin 2025.
« Je préfère cette viande depuis mon enfance. À la maison, c’est maman qui la ramenait du marché, c’était devenu une habitude », raconte un habitant, fidèle consommateur.
Une tradition culturelle vivace
Dans le Grand Kasaï, la consommation de viande de chien n’a rien de nouveau. Elle est culturellement ancrée, transmise de génération en génération. Ce retour en force s’explique autant par l’attachement culturel que par les habitudes gustatives.
Mais cet engouement soulève aussi des préoccupations sanitaires.
Avertissement des vétérinaires
Le vétérinaire Albert Ilunga, gérant de l’abattoir de Kananga, alerte sur les risques de transmission de maladies, en particulier la rage, en cas de mauvaise manipulation de la viande :
« En abattant ou en découpant le chien, on peut se blesser. Si le sang de l’animal est infecté, il peut transmettre la rage par cette plaie. »
Il recommande donc une prudence extrême lors de l’abattage, en évitant toute blessure :
« Il ne faut jamais se créer de petites plaies au moment de tuer ou découper l’animal. Ce sont des portes d’entrée pour le virus. »
Cuisson rigoureuse exigée
Pour réduire les risques, une cuisson prolongée est essentielle. Le vétérinaire précise :
« Une ébullition de 15 à 25 minutes suffit à détruire les agents pathogènes comme le virus de la rage. »
Face à la popularité grandissante de la Tshibelabela, les autorités sanitaires appellent à une meilleure sensibilisation des vendeurs comme des consommateurs, afin d’encourager les bonnes pratiques d’hygiène et garantir une consommation sans danger.
Thomas Mukonga Tshilumba
Depuis Kananga
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