vendredi, mai 29, 2026

Quand l’Éducation avait un capitaine: Willy Bakonga faisait rayonner l’EPST et le SERNIE

La grogne monte dans les rangs des enseignants et des agents du Service National d’Identification des Élèves (SERNIE), un nom revient avec insistance, Willy Bakonga. L’ancien ministre de l’EPST est aujourd’hui réclamé comme celui qui avait réellement compris l’essence même de l’éducation nationale.

Organisation, digitalisation, efficacité. Tout semblait fonctionner. Un contraste saisissant avec la tourmente actuelle.

On ne dirige pas l’EPST par hasard. Et ceux qui ont côtoyé Willy Bakonga à la tête de ce ministère en témoignent avec émotion. Il incarnait la maîtrise, la diplomatie et la compétence. Sous sa direction, les enseignants se sentaient considérés, les agents des services techniques étaient valorisés, et les projets éducatifs connaissaient une mise en œuvre efficace, planifiée et durable.

« Il avait l’école dans le cœur et la stratégie dans la tête », confie un cadre du ministère, aujourd’hui inquiet des bouleversements en cours.

Le SERNIE, ce bijou administratif qu’il a transformé

De l’ombre à la lumière, le SERNIE, Service National d’Identification des Élèves, n’était qu’un service parmi tant d’autres, souvent négligé. Mais avec Willy Bakonga, il devient un acteur central dans la réforme du système éducatif congolais. Grâce à lui, ce service a gagné une structuration nationale, avec des antennes et des directions provinciales actives dans chaque coin du pays.

Ayant une mission noble et bien définie, le SERNIE est bien plus qu’un simple service administratif. Sa mission couvre notamment :
• L’identification et la codification de toutes les écoles (publiques, privées agréées, et même hors frontières) ;
• L’enregistrement et le suivi individualisé de chaque élève du système ;
• La conception et la délivrance de la Carte Nationale Biométrique d’Élève à seulement 3.000 FC ;
• La mise à jour permanente des bases de données, outil précieux pour l’État ;
• La lutte contre la fraude scolaire (fausses pièces, faux diplômes, vagabondage…) ;
• L’élaboration des listes officielles pour les examens nationaux comme le TENAFEP et l’EXETAT.

Une modernisation à saluer : le passage à l’ère numérique

Avant Willy Bakonga, le SERNIE fonctionnait encore à l’ancienne documents manuscrits, procédures lentes, erreurs fréquentes. Mais sous son impulsion, le service a été entièrement informatisé. Résultat? une meilleure traçabilité des élèves, une gestion plus fluide, une rapidité administrative inégalée.

« Il a fait entrer l’école congolaise dans le numérique sans bruit mais avec efficacité », souligne un agent de Kinshasa.

Une menace de recul qui inquiète les professionnels du secteur

Des inquiétudes montent autour de réformes envisagées, qui tendraient à affaiblir le SERNIE en dispersant ses agents vers de petits services techniques, réduisant ainsi leur champ d’action stratégique.

Une telle orientation risque de compromettre l’efficacité de ce service, pourtant central dans l’identification des élèves, la lutte contre les écoles fictives et la gestion de la gratuité. Supprimer cette structuration reviendrait à fragiliser un pilier fondamental du système éducatif national.

Appels à un retour : “Nous avons besoin de Bakonga”

Dans les écoles comme dans les directions éducatives, les appels se multiplient pour que l’ancien ministre revienne. Non pas par nostalgie, mais par souci de compétence et de continuité. Ils réclament un retour à une gouvernance éclairée, responsable, humaine et technique.

« L’éducation ne se gère pas par improvisation. Il nous faut des bâtisseurs comme Willy Bakonga », déclare un agent de l’ESPT

Une page d’histoire, mais peut-être pas encore tournée…

Willy Bakonga n’a pas seulement été un ministre. Il a été un visionnaire, un bâtisseur, un défenseur de l’éducation nationale. Le SERNIE lui doit sa structure, sa mission, sa visibilité. Les enseignants lui doivent le respect et l’écoute. Le peuple, lui, garde encore en mémoire une époque où l’école avançait.

Aujourd’hui, la question est posée: faut-il continuer à détruire ce qui a été bien construit, ou faut-il simplement restaurer l’excellence là où elle a existé ?

Charité-Dadie Zamba

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