jeudi, mai 14, 2026

Drame à Moba : polémique autour du bilan humain, l’armée dément, les députés insistent

Le territoire de Moba, dans la province du Tanganyika, est au cœur d’une vive controverse après des allégations faisant état de plus de 300 morts causées par des affrontements entre groupes armés. Tandis que le député John Banza avance un bilan dramatique, les Forces armées de la RDC (FARDC) dénoncent une manipulation et appellent à la retenue.

Depuis dimanche 15 juin 2025, une vague d’indignation secoue l’opinion congolaise suite aux déclarations du député national John Banza. Élu du Tanganyika, il affirme que « depuis dimanche et lundi, dans le territoire de Moba principalement, nous avons perdu 314 de nos concitoyens suite à des affrontements entre groupes armés ». Une déclaration qui a immédiatement provoqué l’émoi et de nombreuses interrogations.

En réponse, les FARDC ont publié un communiqué pour rétablir ce qu’elles considèrent comme la vérité. « À ce sujet, nous portons à la connaissance de l’opinion que ce massacre n’a pas eu lieu », peut-on lire dans leur réaction officielle. L’armée parle d’une fausse information « rendue publique sans vérification préalable », et évoque plutôt « une dizaine de morts depuis 2024 », attribués à l’activisme persistant de groupes armés dans le groupement Maseba, au sein de la chefferie des camps de Sabala.

Les FARDC insistent sur la gestion « avec sagesse et professionnalisme » de la situation sécuritaire par les autorités locales, en particulier grâce à l’implication du gouverneur provincial et de l’administrateur de Moba. Elles appellent la population à ne pas céder à la désinformation, qu’elles qualifient de tentative de déstabilisation orchestrée à des fins politiques.

Malgré le démenti de l’armée, le député John Banza a maintenu ses propos à l’issue de la rencontre avec la Première ministre. Il a précisé devant la presse « C’est l’occasion de clarifier le drame qui s’est produit à Moba. En réalité, il s’agit d’un bilan cumulatif d’atrocités connues de la population depuis près de quatre ans. L’urgence est aujourd’hui de trouver des solutions concrètes pour une paix durable dans notre province. »

Cette controverse soulève de nombreuses questions sur la transparence de l’information sécuritaire en RDC et met en lumière la nécessité urgente de renforcer les mécanismes de surveillance, de vérification et de réponse rapide dans les zones touchées par les conflits armés.

Alors que les FARDC réfutent catégoriquement l’existence d’un massacre massif dans la nuit du 14 au 15 juin, les députés persistent à réclamer des réponses claires et des actions concrètes pour ramener la stabilité dans le Tanganyika. Un signal fort est attendu de la part du gouvernement pour rétablir la confiance et apaiser les tensions dans cette région meurtrie.

Charité-Dadie Zamba

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