À Kinshasa, le procès en flagrance du meurtre de Célestin Kabasele Wampanga, cadre de l’UDPS/Tshisekedi, a abouti mardi 10 juin à la condamnation à mort de neuf prévenus. Le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Matete, siégeant en chambre foraine à l’Échangeur de Limete, les a reconnus coupables de l’assassinat survenu le week-end dernier, en pleine crise interne au sein du parti présidentiel.
En plus de la peine capitale, les condamnés devront verser 200 000 dollars américains à la mère de la victime. Deux autres accusés ont été acquittés pour absence de preuves.
Mais dès l’ouverture du procès, le 9 juin, un rebondissement est intervenu la famille du défunt a annoncé son retrait de la procédure. Leur avocat, Me Sylvain Mutombo, a dénoncé un procès « de façade », rappelant qu’une plainte parallèle a été déposée contre Augustin Kabuya, secrétaire général de l’UDPS.
« Les proches de Wampanga estiment que Kabuya est le véritable commanditaire. Le procès en cours n’a pas les conditions d’un jugement équitable », a-t-il déclaré à la presse.
Des accusations appuyées par l’épouse de la victime, présente à l’audience. Elle affirme que son mari a été enlevé à leur domicile à minuit par des membres de la « Force du progrès », une structure proche de l’actuel leadership du parti.
« Mon mari était ciblé pour avoir critiqué la direction du parti et soutenu un dissident. Il a été éliminé sur ordre d’Augustin Kabuya », a-t-elle déclaré.
Le procès a été rapide, les peines sévères. Mais le climat politique autour de l’affaire reste tendu. La famille du défunt demande que la Cour de cassation se saisisse du dossier pour identifier les véritables auteurs intellectuels.
Une question reste ouverte la justice congolaise peut-elle vraiment juger tous les coupables, quel que soit leur rang ?
Rédaction
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