À la rentrée scolaire de septembre 2019, les cours débutent comme un frémissement d’espoir.
Dans les ruelles poussiéreuses de Kinshasa comme dans les villages reculés du Kasaï, des enfants en uniforme trop grand, sac vide mais cœur léger, franchissent les portes de l’école publique sans payer un seul franc. Derrière cette scène simple se cache une bascule historique. Un homme orchestre cette mutation silencieuse mais profonde : Willy Bakonga.
Alors ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique, Willy Bakonga avait pris à bras-le-corps la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire, pilier social du premier mandat de Félix Tshisekedi. Malgré l’absence d’un financement suffisant, il avait engagé l’État à garantir un accès libre et gratuit à l’école pour tous les enfants. En moins d’un an, plus de 4 millions d’élèves avaient retrouvé les bancs de l’école.
Bakonga n’avait pas ménagé ses efforts. Il avait convaincu les écoles catholiques, protestantes et conventionnées de rejoindre la réforme. Il avait aussi aboli les frais de motivation des enseignants, longtemps imposés aux parents. Dans les quartiers populaires, les familles avaient enfin respiré. Depuis 1960, jamais l’école publique n’avait été aussi accessible.
L’ancien ministre avait également régularisé la situation de milliers d’enseignants oubliés du système. Plus de 100 000 non-payés avaient été rémunérés, et 55 000 nouvelles unités intégrées. Aujourd’hui, en 2025, l’impact de cette réforme reste visible.
Aujourd’hui, la gratuité continue de faire école. L’empreinte Bakonga, elle, reste bien vivante dans les mémoires.
Charité-Dadie Zamba
