Une conjoncture mondiale défavorable.
La République démocratique du Congo fait face à une série de secousses économiques d’envergure mondiale. D’après les déclarations faites par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, ce vendredi 30 mai à l’issue du Conseil des ministres, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) signale une contraction de 0,2 % du commerce international, tandis que le Fonds monétaire international (FMI) revoit à la baisse ses prévisions de croissance mondiale, les fixant entre 2,8 % et 3 % pour l’année 2025.
Autre signe inquiétant est la dépréciation du dollar américain, alimentée par une perte de confiance dans les marchés et un mouvement croissant de dédollarisation des échanges internationaux.
Des répercussions directes sur l’économie congolaise
Cette situation mondiale impacte directement la RDC, dont l’économie repose fortement sur le dollar. Le ministre Muyaya a indiqué que 91 % des dépôts bancaires et 97 % des flux commerciaux terrestres sont libellés en devises américaines.
Le gouvernement identifie quatre menaces principales :
1. Une inflation renforcée, due à la hausse généralisée des prix manufacturés à l’échelle internationale ;
2. Une pression accrue sur le franc congolais, aggravée par la baisse des recettes d’exportation ;
3. Le ralentissement économique de la Chine, qui diminue la demande en ressources stratégiques congolaises ;
4. Une forte volatilité des prix des métaux, qui complique la planification économique à moyen terme.
En réponse, la RDC a suspendu temporairement ses exportations de tabac depuis février 2025, une mesure visant à maîtriser l’offre et à stabiliser les prix sur le marché local.
Une économie soumise à des tensions sécuritaires
Au-delà de la conjoncture mondiale, la situation sécuritaire dans l’est du pays impose de lourdes dépenses à l’État. Il faut financer l’effort de guerre, soutenir les populations déplacées et défendre l’intégrité territoriale.

Dans ce cadre, le Président de la République a martelé :
« Sécuriser nos flux économiques extérieurs. »
Et d’ajouter :
« Notre positionnement géopolitique n’est plus une option, mais une nécessité. Notre pays doit non seulement se défendre, mais aussi s’y positionner. Notre voix doit compter, notre économie doit résister et notre diplomatie doit anticiper. »
Une réponse coordonnée et multisectorielle

Pour affronter ces défis, le Président de la République a chargé une équipe gouvernementale élargie de concevoir une stratégie de résilience économique intégrée. Autour du Premier ministre, sont impliqués :
-Le ministre de l’Économie,
-La ministre d’État, ministre des Affaires étrangères,
-Le ministre d’État à l’Agriculture,
-Le ministre d’État au Budget,
-Le ministre des Finances,
-Le ministre des Mines,
-Le ministre du Commerce extérieur,
-Et le gouverneur de la Banque Centrale.
Rédaction
