jeudi, mai 14, 2026

Un État en panne, des vies en danger : quand l’urgence noie l’autorité

Deux jours sur un toit. Deux jours à attendre une aide qui ne viendra pas. C’est la réalité qu’ont vécue plusieurs familles kinois après les pluies torrentielles des 4 et 5 avril. Des pluies d’une intensité exceptionnelle, certes, mais dont les conséquences dramatiques révèlent une fois de plus l’impréparation totale des autorités face aux catastrophes naturelles.

L’eau monte, l’État coule

Dans plusieurs quartiers de Kinshasa, les inondations ont tout englouti. Des maisons, des commerces, des rues entières transformées en torrents boueux. À Ndanu, certains habitants n’ont eu d’autre choix que de se réfugier sur les toits, pendant que l’eau continuait de monter. Un témoignage poignant rapporte que des familles ont survécu ainsi, sous la pluie, pendant deux jours, sans assistance.

Et pourtant, où était l’État ? Où était cette protection que les citoyens sont en droit d’attendre ? Le gouverneur Daniel Bumba avait, avant son élection, annoncé des mesures pour améliorer le drainage des eaux. Vendredi et samedi, la réalité a balayé ces promesses : Kinshasa n’a ni canaux d’évacuation suffisants ni plan d’urgence fiable.

Un bateau en panne, comme un symbole

Face à l’urgence, un canot hors-bord aurait pu être déployé pour secourir les sinistrés. Mais voilà : l’embarcation était en panne. Tout un symbole. Une ville de plus de 15 millions d’habitants laissée à elle-même, tandis que ceux qui en ont la responsabilité semblent dépassés par une crise pourtant prévisible.

Quelques dizaines de rescapés ont été orientés vers la station-service voisine, d’autres ont trouvé refuge dans des salles de sport construites pour les Jeux de la Francophonie, notamment celle du stade Tata Raphaël. Mais pour combien de temps ? Que leur propose-t-on après cette nuit d’enfer ?

L’éternel recommencement

Chaque saison des pluies, Kinshasa replonge dans la même tragédie. Des inondations, des pertes humaines, des maisons détruites, une riposte d’État inexistante. Puis le cycle recommence, les promesses s’envolent, et rien ne change.

Quand cessera-t-on d’assister, impuissants, à ce désastre annoncé ? Combien de toitures faudra-t-il encore escalader pour survivre ? Kinshasa doit cesser de traiter les catastrophes comme des fatalités. L’urgence n’est pas seulement climatique : elle est aussi politique.

Par Charité-Dadie Zamba

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