le Rond Point Huilerie s’est transformé en une scène judiciaire intense où la justice se mobilise pour démanteler un réseau criminel impliqué dans l’attaque de Louange Barre, la célèbre terrasse de Martin Bakole où l’on se croise pour boire se retrouve au centre de l’affaire. Un boxeur dont le nom reste indissociable de cette affaire, voit son univers plongé dans la tourmente judiciaire.
Le témoignage choc de boxeur Martin Bakole.
Un témoignage qui a immédiatement marqué les esprits. Assis devant son espace économique, il explique avoir vu des personnes normales ne laissant aucun doute d’être des braqueurs.
« Je me suis installé à l’extérieur de mon espace économique. J’ai d’abord fait un retrait en face avant mon petit déplacement vers Limete, derrière mon dos on m’apprend ce désastre. »

Lors de l’audience, il a reconnu certains visages, une reconnaissance qui, selon lui, apportait un éclairage crucial sur l’opération. Ce témoignage, à la fois sobre et incisif, s’inscrit comme l’un des éléments clés de l’enquête.
Un procès sur les lieux mêmes du crime
L’audience, placée sous le regard attentif des ministres de la Justice, de l’Intérieur et des Affaires coutumières, ainsi que du commissaire provincial de la police nationale congolaise, a rassemblé entre sept et huit prévenus. Ceux-ci, arrêtés lors de l’opération de flagrance, comparaissaient dans un décor marqué par la violence du braquage survenu le 17 février dernier. L’atmosphère était lourde de tension, renforcée par la présence des autorités qui ne laissent aucun doute sur leur détermination à faire la lumière sur ce réseau.
Des déclarations controversées et des liens troubles
Laurent Makaya, l’un des prévenus, a raconté avoir vu des policiers entrer chez lui, une présence qui l’aurait poussé à briser son téléphone par peur.
Dans son témoignage, il a évoqué le nom de Mastor, l’individu qui l’aurait recruté pour repérer des zones d’activités économiques.

« J’ai été impliqué grâce à Mastor, qui m’a remis un petit téléphone pour rester en contact », a-t-il affirmé. Interrogé sur les braquages survenus le 17 février, Laurent s’est défendu en clamant son innocence.
L’éclairage des preuves visuelles
Pour préciser l’identité des prévenus, la défense et le ministère public ont demandé la projection d’images enregistrées lors des braquages du 17 février. Ces images, illustrent la précision avec laquelle les opérations ont été menées et confirment la présence d’une organisation criminelle bien structurée.
Dans un dernier sursaut, l’accusé Laurent Makaya a mentionné d’autres noms notamment « Wata, mastor » et « Congo » –, élargissant ainsi le spectre des recherches et des investigations.
Liens familiaux et réseaux obscurs
Le dossier se complique davantage avec la révélation de liens familiaux troubles. En effet, Laurent Makaya et Agathe, deux des prévenus, se trouvent être frères. Sous le feu des questions du ministère public.
Parallèlement, Carmelle Ekombe, épouse d’Agathe, a témoigné de manière prudente en affirmant :
« _Mon mari m’a dit qu’il vendait de l’essence, mais je ne l’ai jamais vu faire. Nous ne vivons pas dans la même maison_. »
Ces déclarations, apparemment anodines, mettent en exergue la complexité des relations au sein de ce réseau, laissant planer le doute quant à l’implication réelle de chaque membre.
Un tournant dans la lutte contre l’insécurité
Ce procès, tenu sur le lieu même du crime, se présente comme une réponse ferme de la justice face à une criminalité tentaculaire. L’audience, marquée par des témoignages emblématiques et des preuves visuelles accablantes, pourrait bien constituer un tournant dans la lutte contre l’insécurité à Kinshasa. Tandis que les regards se tournent vers Martin Bakole, l’enjeu dépasse largement le cadre de cette affaire pour toucher aux fondements mêmes de l’ordre public dans la capitale.
Dossier à suivre…
Gloire Nianza
